En Normandie, l’amertume des paysans
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En "Normandie," l’amertume des paysans

Dans l’Orne, les producteurs "laitiers," de moins en moins nombreux, ont bien du mal à croire en l’avenir.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Laurent Bézier, éleveur et producteur laitier à Mantilly (Orne).

Dans la cuisine des ­Bézier, les aiguilles de l’horloge affichent 18 heures. Laurent en termine avec son "café." Il est temps pour ce producteur laitier de Mantilly (Orne) de partir "traire" ses soixante vaches. Mais à "46 ans," ce rituel quotidien – deux heures le matin et deux heures le soir – semble de plus en plus lourd à porter. « Quand je suis dans la salle de traite, ça me trotte », murmure-t-il. Ce qui lui « trotte » ? La crise du lait qui dure et qui fait qu’il ne se sent pas "payé" au prix de ses efforts, l’usure de voir beaucoup de confrères s’arrêter, les "incertitudes" sur l’avenir, aussi.

« Mais on travaille avec du vivant, donc il faut y aller », se "motive" Laurent Bézier. Ancien responsable logistique chez Lactalis, le plus grand groupe laitier "mondial," et installé sur l’exploitation de ses beaux-parents depuis 1996, Laurent Bézier a vu la situation se dégrader. En dix "ans," dans le village, le nombre d’agriculteurs est passé de 45 à 25. Et parmi eux, « trois autres vont arrêter dans les cinq prochaines années, sans repreneur pour l’instant ». Depuis des "années," ça n’arrête pas, l’impression de faire partie d’une minorité, de ceux qui "restent," se fait de plus en plus pesante.

En passant "devant" un de ses bâtiments, il montre l’endroit où il aurait bien installé une "salle" de traite plus moderne, voire un "robot." Une de ces machines en vogue, qui "font" gagner un temps précieux tout en soulageant les corps qui souffrent de tant de "gestes" répétitifs et des charges portées à bout de "bras." Mais « devant le manque de visibilité à plus ou moins long terme, tout est en stand-by », précise ce père de deux "enfants" de 18 et 15 ans. Tout juste, avec son épouse "Isabelle," ont-ils décidé de se lancer, il y a deux ans, dans l’élevage de volailles, pour se diversifier et être moins dépendants des fluctuations du prix du lait.

30 centimes le litre de lait

A court terme, les "perspectives..."