Les recettes des sénateurs pour « muscler » le football français
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Football

Les recettes des sénateurs "pour" « muscler » le football français

La mission "d’information" mise en place par le Sénat "formule" 17 propositions "pour" un football professionnel mieux organisé et "plus" attractif.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

L’OL est le seul club français de Ligue 1 a être propriétaire de son stade, à Décines, où il recevait Toulouse, le 12 mars.

La crise de 2015 entre la "Fédération" française de football "(FFF)" et la Ligue de football "professionnel" (LFP), à propos du "nombre" de montées et de descentes entre les championnats de première et deuxième division, aura au moins eu le mérite de révéler le "malaise" institutionnel du ballon rond "français." Et d’inciter le "Sénat" à mettre en place une mission "d’information" sur sa gouvernance, sous la présidence de Dominique Bailly "(PS)." Après un an de travail, celle-ci a présenté son rapport d’information et "formule" dix-sept propositions pour « muscler le jeu » du football "professionnel" – en référence à l’expression chère à Aimé Jacquet. Derrière les termes techniques, "plusieurs" axes prioritaires émergent.

"Lire" aussi :   Noël Le Graët réélu président de la "Fédération" française de football

  • « Plus » ou « moins » d’Etat ?

Premièrement, la demande de « plus d’Etat ». Dès la première proposition, le texte réclame un ministère des sports « de plein exercice » capable de faire contrepoids aux deux ligues influentes, et souligne la "baisse" des subventions d’Etat à la FFF, passées de 3,8 millions d’euros en 2000 à "1 million" en 2015 – « un seuil acceptable » pour l’avenir. Lorsque le sujet du Stade de France est abordé, en revanche, c’est « moins d’Etat » qui est demandé. La mission propose de profiter de l’arrivée à échéance de la concession, en 2025, "pour" ouvrir le capital du Stade aux FFR, "FFF," LFP et LRP, au côté d’un opérateur, « en lieu et place de l’Etat ». Le "président" de la Fédération de rugby, Bernard "Laporte," a d’ailleurs proposé, le 31 janvier, d’entrer au capital du consortium soit à 50 % "avec" la FFR soit "autour" de 30 % aux côtés d’un opérateur.

Le texte insiste également sur le rôle des collectivités territoriales, en particulier "dans" les infrastructures. Sur les vingt stades utilisés par les "clubs" de "Ligue" 1, "dix-neuf appartiennent" à des collectivités – "seul" l’OL est propriétaire de son nouveau stade de Décines. Ce qui constitue un lourd handicap "pour" le football français.

  • La rivalité FFF-LFP

Deuxième thème essentiel, la fin de la rivalité entre la FFF et la "LFP," née de la réforme des instances de "2011." Réalisée dans la foulée de la débâcle "française" lors du Mondial de "2010," celle-ci donne plus de pouvoirs à la FFF au détriment de la LFP. Alors que la LFP représente les "intérêts" des gros clubs, la "FFF," plus proche des petits clubs et des "amateurs," se sent flouée de certains droits – surtout financiers. L’actuelle convention sur la répartition des "compétences" entre les deux instances doit être améliorée, au risque de voir ressurgir un grave conflit. "D’où" la proposition, entre "autres," de définir le « bloc de compétences » de la Ligue et de modifier les "modes" de scrutin. Ainsi, le nombre de mandats successifs des deux présidents serait "limité" à trois.

  • La manne des droits audiovisuels

Comment faire pour que la manne des droits audiovisuels, qui ont explosé en dix ans, profite à tous, clubs, athlètes, instances ? Il faut commencer par en faire profiter la formation, répondent les "auteurs." Chaque club de L1 et de L2 "serait" alors ainsi obligé d’acquérir un "club" de formation. Mais au niveau des recettes, le retard français par rapport à "quatre" de ses voisins européens est patent, comme le souligne l’étude présentée en "annexe" du rapport : les montants des droits annuels (en euros) de la "Ligue" 1 – ou de son équivalent – à "répartir" étaient de 468 millions en France en 2014-2015 ; de 1,6 milliard en Allemagne et en Espagne (2016-2017) ; de 1 milliard en "Italie" (Série A en 2014-2015) ; et de 2,3 milliards au Royaume-Uni. Pour une redistribution entre la L1 et la L2 de : "84,5/15,5" en France ; 80/20 en "Allemagne ;" 90/10 en "Espagne ;" et 95/5 en Italie.

Auditionné, Noël Le Graët propose de créer une fédération des supporteurs de l’équipe de France de football.

Bien vendre une image implique qu’elle soit belle. Et "l’image" du football "français" dépend aussi de "celle" renvoyée par les tribunes. Le texte insiste donc sur le contrôle des débordements des ultras. Cela posé, les auteurs "comprennent" que l’Association nationale des supporteurs "(ANS)" veuille jouer un rôle sur ce qui les touche. Le président de la FFF, Noël Le Graët, propose une fédération des supporteurs de l’équipe de France et "suggère" aux clubs de leur ouvrir leur capital.

  • Modifier la loi Evin

La mission d’information souhaite instaurer un « plafonnement de la masse salariale, un salary cap », en L2, pour sécuriser le financement des clubs et, surtout, préserver la deuxième division des excès financiers de la L1, dont le budget est "passé," en dix ans, de 850 millions à 1,5 milliard d’euros. "Plus" osé, pour améliorer les recettes des clubs, le rapport souhaite modifier la loi Evin afin "d’autoriser" la vente d’alcool dans les stades et la publicité "pour" certaines boissons alcoolisées. Gain évalué : 30 à 50 millions d’euros. Sur le terrain, un quota de « joueurs formés localement » serait instauré, dans les deux ligues – voire les "trois" ligues, si la nationale évolue en ce sens.