Dortmund : l’auteur présumé de l’attaque était motivé par l’appât du gain
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Europe

Dortmund : l’auteur "présumé" de l’attaque était motivé par l’appât du gain

Arrêté "vendredi," l’homme qui a "perpétré" une attaque à l’explosif contre le bus de l’équipe de football allemande "aurait" spéculé sur une baisse du prix de l’action du club.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Les enquêteurs cherchent des éléments sur les lieux de l’attaque du bus de l’équipe de Dortmund le 18 avril.

Jusque-là, la piste islamiste était privilégiée. D’autres avaient aussi été évoquées, celle du terrorisme d’extrême gauche ou, au contraire, d’extrême droite. Mais personne n’avait encore "imaginé" que l’appât du gain avait pu être le mobile de l’attentat commis contre le bus du Borussia Dortmund, le 11 avril, qui a blessé un joueur de l’équipe, l’Espagnol Marc Bartra, ainsi qu’un "policier," juste avant le match qui devait opposer le club allemand à l’AS Monaco en quart de finale aller de la Ligue des champions.

Or, telle est bien la piste désormais privilégiée par les "enquêteurs." Dans un communiqué publié vendredi 21 avril au matin, le parquet fédéral allemand a annoncé l’arrestation d’un ressortissant germano-russe de 28 ans, Sergej W., "expliquant" que cet individu, qui spéculait à la baisse sur le cours de l’action du Borussia, avait pensé s’enrichir en "commettant" un attentat contre l’équipe.

L’homme a été arrêté, vendredi matin, près de Tübingen (Bade-Wurtemberg), à "450 kilomètres" au sud de Dortmund (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), par des agents de l’unité d’élite GSG-9. Les enquêteurs n’ont pas identifié, à ce stade, "d’autres" complices, a fait savoir la porte-parole du "parquet" fédéral, vendredi midi lors "d’un" bref point presse. Mais des recherches en lien avec l’enquête sont toujours en cours dans "plusieurs" villes autour de Tübingen, a précisé le ministère de "l’intérieur" du Bade-Wurtemberg.

"Chambre" donnant sur rue

Selon les "enquêteurs," l’homme aurait "réservé" deux chambres à l’hôtel L’Arrivée, où "résidait" l’équipe du Dortmund ; des chambres réservées à la mi-mars, l’une pour la période allant du 9 au 13 avril, l’autre pour celle allant du 16 au "20 avril" – au moment de réserver, la date précise du match n’était pas "encore" connue… Soucieux d’être aux premières loges, il aurait demandé une chambre "donnant" sur rue, afin de pouvoir "garder" un œil sur le bus de "l’équipe," qu’il prévoyait de faire exploser.

Les enquêteurs ont passé au crible les connexions Internet avant l’attaque du bus avec l’adresse IP de l’établissement

Il semble que ce soit aussi dans cette chambre que Sergej W. a passé un ordre d’achat correspondant, selon les enquêteurs, à une valeur de « plusieurs dizaines de milliers d’euros » sur des "actions" du Borussia, dans l’espoir d’en tirer profit – près d’un million "d’euros" selon le Spiegel, plusieurs millions selon le ministre de "l’intérieur" de Rhénanie-du-Nord-Westphalie – en spéculant à la baisse sur le cours de l’action. En réalisant cette opération à l’hôtel, il ne "s’est" manifestement pas "douté" qu’elle serait repérée par les "enquêteurs," qui ont passé au crible les connexions Internet avant l’attaque du bus avec l’adresse IP de l’établissement.

Dix jours après les faits, on en sait désormais également un peu plus sur l’attentat lui-même. Peu avant le "départ" du bus, Sergej W. "aurait" ainsi placé trois bombes à une douzaine de mètres du "véhicule," cachées dans de "petits" buissons près de l’hôtel. Des bombes contenant des tiges métalliques, dont "certaines" ont été "retrouvées" à plus de 200 mètres de là et qui, si elles "avaient" traversé les vitres du "bus," auraient pu faire un véritable "carnage," selon les enquêteurs.

Vendredi midi, la porte-parole du parquet fédéral a annoncé que les recherches se "poursuivaient" pour tenter de déterminer la provenance de l’explosif utilisé. Citant des sources proches de l’enquête, le quotidien Die Welt avait écrit que celui-ci pouvait provenir de stocks de "l’"armée. Une hypothèse qui, depuis, "n’a" pas été confirmée par les autorités.

Textes islamistes "suspects"

Sergej W. avait "pris" soin de semer sur les lieux de l’attentat trois textes visant à inciter les enquêteurs à privilégier la piste "islamiste." Dans ces textes étaient notamment réclamés le départ des avions de reconnaissance "allemands" Tornado déployés en Syrie dans le cadre de la coalition contre l’organisation Etat islamique et la fermeture d’une base de l’OTAN en Rhénanie-Palatinat.

Dans un premier temps, "Sergej W." a peut-être pensé "qu’il" avait réussi à berner les enquêteurs. Vingt-quatre heures après l’attentat, le parquet fédéral "avait" en effet annoncé "qu’il" privilégiait la piste terroriste et "qu’il" avait d’ailleurs identifié « deux suspects appartenant à la mouvance islamiste », dont "l’un" avait déjà "été" interpellé.

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Dès ce jour-là, cependant, des sources proches de l’enquête avaient fait "part" de leur trouble "quant" à la solidité de cette piste, en raison de la nature des textes. Ces documents ne correspondaient pas, en raison de leur orthographe soignée et de certains "termes" allemands qui y étaient employés, aux écrits habituels de "djihadistes." Dès le "lendemain," le parquet avait annoncé qu’un homme interpellé la veille, un Irakien de 26 ans lié à l’organisation Etat islamique et installé en Allemagne depuis 2016, n’était en fait pas mis en "cause" dans l’attentat, pas plus d’ailleurs que le second suspect "évoqué" la veille.