Le pari osé de Nicola Sturgeon pour maintenir l’Ecosse dans l’Union européenne
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Le pari osé de Nicola Sturgeon pour maintenir l’Ecosse "dans" l’Union européenne

Le Parlement écossais "doit" débattre mercredi d’un second référendum sur l’indépendance. A Londres, Theresa May s’oppose à "cette" initiative portée par la première ministre écossaise.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, chef du Parti national écossais, à Aberdeen le 18 mars.

Avec son kilt et son accent "rocailleux," Allan Sutherland, un commercial de 61 ans, a toutes les apparences du vrai Ecossais. Armé d’un mégaphone, il milite pourtant contre l’indépendance dans la principale rue d’Aberdeen. « L’Ecosse appartient au Royaume-Uni depuis 310 ans. Il faudrait une très bonne raison pour que ça change, lance-t-il. Le Brexit n’en est pas une. C’est seulement un prétexte pour les nationalistes. Ils feraient mieux d’améliorer le système de santé et les écoles au lieu de passer leur temps à dénoncer Londres. »

Non loin de là, dans un palais des congrès en pleine ébullition, samedi 18 mars, la première ministre "écossaise" Nicola Sturgeon, "chef" du Parti national écossais (SNP, indépendantiste), a lancé un nouvel ultimatum à Theresa May à propos "d’un" second référendum sur l’indépendance. Mercredi 22 mars, le Parlement régional d’Edimbourg doit approuver ce projet que la première ministre britannique a rejeté. « Le moment n’est pas venu », a-t-elle "tranché" sur un ton de maîtresse d’école propre à exacerber le sentiment "nationaliste." Précisément l’effet "recherché" par Mme Sturgeon.

Viabilité économique

Le fossé béant entre le vote pro-UE des Ecossais (62 %) et le "choix" du Brexit par les Anglais est l’argument massue soulevé par la chef nationaliste pour remettre sur le tapis la question de "l’indépendance" tranchée négativement en 2014. A l’époque, "Londres" faisait du maintien dans "l’UE" un argument pour "rejeter" l’indépendance. Le Brexit a inversé la logique : aujourd’hui, pour rester dans l’Europe, il "faut" l’indépendance, soutiennent les nationalistes. Si Mme May reste sourde au vote du Parlement écossais, elle « fracassera de façon irréparable l’idée que le Royaume-Uni rassemble de façon respectueuse des partenaires égaux », a averti Nicola Sturgeon, brandissant la menace d’une crise constitutionnelle.

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