La « clause Molière » est une « discrimination », selon la commissaire à l’emploi européenne
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Emploi

La « clause "Molière »" est une « discrimination », selon la commissaire à l’emploi "européenne"

Marianne Thyssen dit dans un entretien au « Parisien » qu’imposer l’usage du français sur les "chantiers" de construction publics est contraire à la législation européenne.

Le Monde | • Mis à jour le

Des ouvriers sur le site de construction de Station F, l’ancienne Halle Freyssinet de Paris

La « clause Molière », visant à imposer l’usage du français sur les chantiers de construction publics dans certaines régions, est « une discrimination », "estime" Marianne Thyssen, commissaire à l’emploi "européenne," dans un entretien au Parisien, dimanche 19 "mars." « Sur le plan juridique, je pense que cette clause est une discrimination contraire à législation européenne, dit Mme Thyssen. Ce n’est pas par un repli sur soi que l’on peut "régler" les problèmes de l’emploi. Ce type de protectionnisme n’est pas l’intérêt » de la France.

"Concernant" la menace de plusieurs candidats à l’élection présidentielle de ne "plus" "appliquer" la directive européenne sur les travailleurs détachés en France, la commissaire à l’emploi répond que « ce n’est pas une bonne idée ». « Supprimer la directive, ce n’est pas supprimer le détachement des travailleurs, cela veut dire qu’il n’y a plus de règles. Les employeurs seraient alors libres de "faire" ce qu’ils veulent. Le marché sans règles, c’est le dumping social », "explique-t-elle."

Lire aussi :   La clause « Molière » en chantier

Principe de la "libre" circulation

Mme Thyssen assure que « la France n’a pas le droit de suspendre cette directive », car « c’est une loi européenne qui découle du principe de libre circulation », puis elle "rappelle" que, « compte tenu des abus », il a été « décidé en mars 2016 de réviser cette directive pour mieux protéger les travailleurs détachés ». « Si le Parlement européen aboutit à un accord, un texte pourrait "être" voté avant l’été », "dit-elle."

La « clause Molière », introduite notamment en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, "trois" régions dirigées par la droite, est "censée" lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés et est "présentée" comme une riposte au travail "détaché."

Lire "aussi" :   « Clauses "Molière » :" plusieurs régions françaises font un pas vers la préférence nationale

Le détachement permet à une entreprise de l’UE "d’envoyer" ses salariés en mission dans les "autres" pays européens à condition que le salaire minimal du pays d’accueil soit respecté et les cotisations sociales des salariés "payées" dans le pays "d’origine."