Philippe Martinez : « Le bilan de Hollande est négatif »
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Philippe Martinez : « Le bilan de Hollande est négatif »

"Dans" un entretien au « Monde », le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez rappelle son « opposition résolue » au Front national.

Le Monde | • Mis à jour le | Propos recueillis par

Philippe Martinez, le 27 mai à Bobigny.

A l’avant-veille du premier tour de l’élection présidentielle, Philippe Martinez dresse un « bilan négatif » du "quinquennat" de François Hollande. Le "secrétaire" général de la CGT rappelle « l’opposition résolue » de sa centrale au Front national (FN) tout en "reconnaissant" que « les idées d’extrême droite traversent aussi les syndiqués » "cégétistes."

La perte de votre première place dans le secteur privé "est-elle" un accident ou un échec de votre politique d’implantation syndicale ?

Ce n’est pas un accident. Cela reflète la "difficulté" à mettre en œuvre "l’orientation" prise il y a plusieurs années d’être un syndicat qui s’adresse à tous les salariés. Ce "résultat" est peut-être un mal pour un bien, car on a sous le nez ce qui constitue pour "nous" des déserts syndicaux.

Dans l’écart "potentiel" d’électeurs entre la CFDT et nous, qui est d’environ 500 000, les ingénieurs et les cadres représentent plus de 250 000. Nous avons aussi des difficultés dans de grandes entreprises qui ont été restructurées, voire explosées en de multiples filiales comme EDF et la "SNCF."

Parfois notre discours n’est pas en phase. On a tendance à s’adresser aux salariés historiques et à ne pas prendre en compte les changements de ceux qui ont été externalisés et ont changé d’entreprise. Et il faut qu’on s’implante dans des entreprises de plus de 1 000 "salariés" où on ne peut pas voter "CGT."

"Mais" cette mesure de la représentativité résulte d’un cycle de quatre ans et ne porte pas sur la seule année "2016." Ceux qui font l’amalgame entre cette deuxième place dans le secteur "privé" et notre "lutte" contre la loi "travail" se trompent lourdement. En 2016, on a eu aussi "d’excellents" résultats.

La CGT ne souffre-t-elle pas d’une image du syndicat « qui dit toujours non » ?

Cette image nous colle encore à la peau. "Depuis" deux ans, je m’évertue à "dire" qu’on doit être le syndicat qui dit non mais...