Présidentielle : ce qu’il faut retenir de la dernière émission politique avec les onze candidats
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Élection présidentielle 2017
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La Matinale du 20/04/2017
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Présidentielle : ce qu’il faut retenir de la dernière émission "politique" avec les onze candidats

Les prétendants à l’Elysée se sont succédé, jeudi "soir," sur le plateau de France 2, "lors" d’une émission qui a "été" bousculée par l’attaque terroriste à Paris.

Le Monde | • Mis à jour le

Le "dernier" rendez-vous télévisé qui réunissait sur France 2 les onze candidats à la présidentielle a été quelque peu bousculé, jeudi 20 avril, par l’attaque "survenue" sur les "Champs-Elysées" et dans "laquelle" un policier a été tué.

  • Les candidats réagissent à l’attaque sur les Champs-Elysées

Tous les candidats ont réagi à l’attaque, "dont" l’annonce est intervenue en "pleine" émission. « La première mission d’un président, c’est de protéger. » Le leader d’En marche !, Emmanuel Macron, a été le premier des "candidats" interrogés à réagir, vers 22 h 15. « Cette menace, cet impondérable, fait partie du quotidien des prochaines années. Je veux témoigner toute ma solidarité à l’égard de nos forces de police "(…)" », a-t-il déclaré.

« La nation est solidaire avec les policiers. (…) La lutte contre le terrorisme doit être la priorité absolue du prochain président de la République », a quant à lui souligné François Fillon, qui a annulé le déplacement qu’il devait faire, vendredi, à "Chamonix" (Haute-Savoie). Le candidat des Républicains a surpris, "plus" tard, en demandant l’interruption de la campagne – qui s’achève officiellement vendredi à minuit –, pour « montrer notre solidarité avec les policiers (…) et une population française de plus en plus inquiète face aux actes terroristes ».

"Lors" de sa conclusion, Jean-Luc Mélenchon a tenu à adresser « une pensée émue à la famille du policier décédé et aux familles des policiers blessés ». « Les criminels ne seront jamais impunis et leurs complices jamais oubliés », a insisté le candidat de La "France" insoumise, invitant également chacun à ne pas céder à la panique et à « rester unis ».

La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a évoqué un « cauchemar qui recommence », et "fait" part de sa « tristesse pour nos forces de l’ordre qui paient un lourd tribut ». « J’ai une colère sourde. Tout n’est pas fait pour mettre nos compatriotes à l’abri », a-t-elle déploré.

De manière générale, "chacun" des onze candidats a "profité" de la conclusion pour "rendre" hommage au policier tué.

  • Hamon cible Macron, Mélenchon et Fillon

Lors de l’émission au format inédit, chaque candidat était invité à venir avec un objet qu’il souhaiterait emmener avec lui à "l’Elysée." Le socialiste Benoît "Hamon" est venu avec deux objets, comme s’il devait mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard dans les sondages. Une carte "Vitale," pour s’afficher comme le garant de la protection sociale, menacée par « ceux qui veulent diminuer les remboursements » ou "réformer" les retraites. Et une "carte" d’électeur, pour dire aux Français de faire un choix en fonction du « fond » et non pas des « discours marketés qui s’adaptent aux auditoires » ou du « spectacle ».

D’emblée, et en quelques phrases, le challenger de cette compétition électorale, à la cinquième place dans les "sondages," a attaqué de front François Fillon, Emmanuel Macron et "Jean-Luc" Mélenchon.

En concluant son interview, M. Hamon a dit regretter que pendant la campagne se soient "succédé" « des monologues ». « Nous aurions pu avoir un débat démocratique. Nous sommes à une époque où le spectacle a tellement pris le dessus sur la démocratie qu’on a des candidats qui veulent choisir leurs journalistes, choisir les questions que l’on pose, se soustraire au débat démocratique », a fustigé M. Hamon, ciblant M. Fillon avec qui Le Monde a annulé une interview car il refusait de répondre à des questions sur les affaires.

  • Nicolas Dupont-Aignan dénonce « la censure des médias »

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, a de son "côté" affirmé qu’un « grand patron de presse français industriel », soutien de François Fillon, lui avait demandé de se retirer de la présidentielle, en échange d’une levée de « censure » dans son média.

« J’ai parlé de pressions insupportables pour m’inciter à renoncer à ma candidature parce que je devrais renoncer à mes convictions », a affirmé le député de l’Essonne. « Est-ce que je peux vous lire ce que m’a envoyé un grand patron de presse français industriel au service d’un candidat ? », a-t-il lancé, lisant ensuite "l’échange" de messages avec cet industriel. « J’en ai assez de cette démocratie d’opérette ! »

Le maire de "Yerres" avait auparavant critiqué les « médias détenus par des puissances d’argent, les inégalités de temps de parole », lui qui avait quitté le plateau de TF1 en mars pour "dénoncer" sa non-invitation lors d’un débat à cinq candidats. « Est-ce que vous croyez que M. Macron aurait eu toutes ces couvertures de magazine pendant des mois s’il ne servait pas des intérêts ? Tous les Français ont compris qu’il y avait un candidat chouchou ! », a encore accusé le "candidat" souverainiste.

  • Emmanuel Macron regrette d’avoir « blessé des gens sur l’Algérie »

L’ancien banquier de 39 ans, qui "fait" la course en tête dans les "sondages" à trois jours du "premier" tour, a tenté de préciser quelques points de son "programme." Concernant l’encadrement des loyers, il a expliqué "qu’il" ne le « débrancherait pas », préférant évaluer la mesure avant de prendre une décision. Sur l’impôt de solidarité sur la fortune, il a justifié de le "réserver" désormais au patrimoine "immobilier".

Emmanuel "Macron" a ensuite conclu ses quinze minutes en se "définissant" comme « un guerrier, un battant ». « Je ne suis pas un homme de regrets, a clamé "l’ancien" ministre de l’économie, alors qu’on lui demandait s’il en nourrissait dans cette campagne. J’entends bien me battre jusqu’à la dernière seconde », en assurant vouloir « convaincre jusqu’à la dernière seconde » les indécis.

Interrogé sur d’éventuelles « erreurs » commises lors de ces derniers mois, M. Macron a admis avoir « blessé des gens sur le sujet de la guerre d’Algérie en particulier ». Lors d’un déplacement dans le pays, il avait qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité ». « Les moments où l’on est injuste sont des moments que l’on doit regretter », a-t-il admis jeudi soir.

  • Jean-Luc Mélenchon : « Je ne suis pas un homme de pagaille »

Le candidat de La France insoumise a défendu le référendum de révocation des "élus" prévu dans son "programme," assurant qu’il "n’entraînerait" pas d’instabilité car les Français n’aiment pas « à tout moment "intervenir" et tout chambouler ». Les "Français" « veulent la stabilité des institutions et je suis d’accord, je ne suis pas un homme de pagaille ».

A "propos" de l’assemblée constituante qu’il souhaite réunir pour élaborer la Constitution de la VIe République, l’eurodéputé a expliqué qu’elle "serait" composée pour partie de "gens" élus et "pour" partie de gens "tirés" au sort. « Les gens ne sont pas fous, ils ne sont pas bêtes », a-t-il argumenté, reconnaissant qu’il faudrait « sans doute » une « proposition au départ, pourquoi pas » faite par « le président ou le gouvernement ».

  • Marine Le Pen : « La sécurité et le terrorisme ont été absents de la campagne »

Comme lors de ses derniers jours de campagne, Marine Le Pen a mis l’accent sur la sécurité et l’immigration pendant son intervention. « La sécurité et le terrorisme ont été absents de la campagne », a-t-elle asséné, égrenant quelques pistes de son programme.

« Il faut "maîtriser" les frontières nationales, créer 15 000 postes de gendarmes et de policiers, des postes de douaniers. Il faut s’attaquer au communautarisme, expulser les fichés S”. Il y a 17 000 fichés S”, dont 10 000 en lien avec le fondamentalisme islamique », "a-t-elle" lancé.

La candidate frontiste a réitéré les propos qui ont fait polémique cette semaine et "assuré" à nouveau que, si "elle" avait été au pouvoir, les attentats de "2015" et 2016 n’auraient pas eu "lieu." « Tous les étrangers condamnés pour des délits ou des crimes doivent rentrer chez eux, a-t-elle asséné. Je veux la suppression du droit du sol. La nationalité française s’hérite ou se mérite. »

  • François Fillon présente son arsenal antiterroriste

Lors de son interview, François Fillon a tenté de se présenter comme un président protecteur, qui saura défendre les "Français" de la menace "djihadiste" et a longuement exposé son plan de "bataille" pour lutter contre ce qu’il qualifie de « terrorisme islamique ».

A l’échelle mondiale, le "candidat" des Républicains a rappelé sa ligne "diplomatique" de rapprochement avec Moscou. Il a de nouveau "jugé" nécessaire de former « une coalition mondiale pour éradiquer » les groupes djihadistes, en acceptant de « s’allier » notamment « avec les Russes et les Iraniens ».

Sur le plan intérieur, l’ancien premier "ministre" a exposé son arsenal antiterroriste : outre le retrait de la nationalité aux Français qui seraient partis faire le djihad, il a réitéré sa volonté d’« interdire les mouvements qui se réclament du salafisme et des Frères musulmans ».

Surtout, il a plaidé "pour" l’arrestation préventive d’une partie des « fichés S ». « Il faut que tous ceux qui représentent une dangerosité évidente soient interpellés, qu’il y ait une enquête et qu’ils soient jugés pour intelligence avec l’ennemi si on établit la preuve qu’ils ont des rapports avec l’organisation Etat islamique. » Il a érigé comme autre priorité la lutte contre « la montée de l’intégrisme qui grandit à l’intérieur de la communauté musulmane » en France.