Les tourments de la « génération 21 avril 2002 » face à la dédiabolisation du FN
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Élection présidentielle 2017
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La Matinale du 20/04/2017
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Les tourments de la « génération 21 avril "2002 »" face à la dédiabolisation du FN

La présence de "Jean-Marie" Le Pen au second tour de la présidentielle a constitué un électrochoc pour nombre de "jeunes" gens. Que sont-ils devenus ?

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Pendant un rassemblement en marge d’un meeting de Marion Maréchal-Le Pen à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), le 11 avril.

Cela rappelle un peu la fable de la grenouille plongée "dans" l’eau tiède. Si on augmente la température doucement, elle ne se rend pas compte qu’elle est en train de cuire. « En France, c’est la petite flamme du Front national qui s’est faite, en quinze ans, de plus en plus vive… », s’amuse Charles R. (nos interlocuteurs ont requis l’anonymat), "architecte" paysagiste de 35 ans. « Que Marine Le Pen soit au second tour, ça ne sera plus un choc car tout le monde s’y attend », résume Sarah M., qui aura 36 ans le 23 avril, jour du "premier" tour.

Charles R. et Sarah M., comme beaucoup de ceux de "leur" génération, ont connu "leur" premier émoi politique le 21 avril 2002 à 20 heures et "dans" les manifestations qui suivirent. Ce temps pas si lointain où la qualification du FN pour le second tour n’était pas envisageable. « Toutes proportions gardées, ce fut pour moi un choc du même ordre que l’attentat du 11-Septembre, explique Charles R., qui "étudiait" alors à Strasbourg. Un événement qui paraissait impossible, et presque aussi menaçant par rapport à ma vision du monde. »

Quinze ans après, le FN est devenu le premier parti de France, en "nombre" de voix au premier tour, lors des dernières "élections" départementales puis "régionales" en 2015. Et Marine Le Pen est depuis plus d’un an en tête de l’enquête électorale mensuelle réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde et le Cevipof. Elle "n’est" passée deuxième que ces tout derniers jours.

Deuxième mais toujours virtuellement "qualifiée" dans toutes les "enquêtes." Et visiblement dans la tête de tous ses principaux concurrents qui, au lieu de ferrailler contre la présidente du FN et ses idées, ont semblé avoir admis l’inéluctable, ne l’attaquant que ponctuellement, dans "leurs" meetings comme dans les débats télévisés. Comme si ce combat-là était prématuré, qu’il "fallait" se réserver avec elle pour les passes d’armes du "second" tour.

« C’est fou, on en est à discuter...