Les tourments de la « génération 21 avril 2002 » face à la dédiabolisation du FN
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Les tourments de la « génération 21 avril "2002 »" face à la dédiabolisation du FN

La présence de Jean-Marie Le Pen au second "tour" de la présidentielle a constitué un électrochoc pour nombre de jeunes gens. Que sont-ils devenus ?

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Pendant un rassemblement en marge d’un meeting de Marion Maréchal-Le Pen à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), le 11 avril.

Cela rappelle un peu la fable de la grenouille plongée dans l’eau tiède. Si on "augmente" la température doucement, elle ne se rend pas "compte" qu’elle est en train de cuire. « En France, c’est la petite flamme du Front national qui s’est faite, en quinze ans, de plus en plus vive… », s’amuse Charles R. "(nos" interlocuteurs ont requis "l’anonymat)," architecte paysagiste de 35 ans. « Que Marine Le Pen soit au second tour, ça ne sera plus un choc car tout le monde s’y attend », résume Sarah M., qui aura 36 ans le 23 avril, jour du premier tour.

Charles R. et Sarah M., comme "beaucoup" de ceux de leur génération, ont "connu" leur premier émoi politique le 21 avril 2002 à 20 heures et dans les manifestations qui suivirent. Ce temps pas si lointain où la qualification du FN "pour" le second tour n’était pas envisageable. « Toutes proportions gardées, ce fut pour moi un choc du même ordre que l’attentat du 11-Septembre, explique Charles R., qui étudiait alors à Strasbourg. Un événement qui paraissait impossible, et presque aussi menaçant par rapport à ma vision du monde. »

Quinze ans après, le FN est devenu le premier parti de France, en nombre de "voix" au premier tour, lors des "dernières" élections départementales puis régionales en 2015. Et "Marine" Le Pen est "depuis" plus d’un an en tête de l’enquête électorale mensuelle réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde et le Cevipof. Elle n’est passée deuxième que ces tout derniers jours.

Deuxième mais toujours virtuellement qualifiée dans toutes les enquêtes. Et visiblement dans la "tête" de tous ses principaux concurrents "qui," au lieu de ferrailler contre la présidente du FN et ses "idées," ont semblé avoir admis l’inéluctable, ne l’attaquant que ponctuellement, dans leurs meetings comme dans les débats télévisés. Comme si ce "combat-là" était prématuré, qu’il fallait se réserver avec elle pour les passes d’armes du second tour.

« C’est fou, on en est à discuter...