Présidentielle : « Macron souhaite prendre la main sur l’assurance-chômage »
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Élection présidentielle 2017

Présidentielle : "« Macron" souhaite prendre la main sur l’assurance-chômage »

Sarah "Belouezzane," journaliste au service "politique" du « Monde », a "répondu" à vos questions sur le modèle social vu par les candidats.

Le Monde | • Mis à jour le

Au siège du Medef, à Paris, le 22 février.

Que proposent les candidats pour réformer ou "renforcer" le modèle social français ? Quelles sont les "grandes" visions qui s’opposent ? Sarah "Belouezzane," journaliste au service politique du Monde a répondu en direct aux "questions" des internautes, "mercredi" 19 avril.

Milou : Sur le tract d’Emmanuel Macron reçu avec les bulletins de vote, on peut lire que ce dernier "souhaite" supprimer les cotisations salariales. Comment finance-t-il alors la Sécurité sociale, les "retraites," le chômage, etc. ?

Sarah Belouezzane : Emmanuel "Macron" souhaite en effet supprimer les cotisations d’assurance-maladie et d’assurance-chômage. "Mais" cela ne concernera que le salarié, l’employeur continuera de les acquitter. Il compense en relevant légèrement la "CSG." C’est ainsi qu’il finance dans un "premier" temps. La réduction du "chômage" devrait, ensuite, selon lui, permettre une augmentation des recettes puisqu’il y aura plus de cotisants.

Claude : Qu’en est-il du prélèvement à la source qui était annoncé pour le 1er janvier 2018 ?

Le prélèvement à la source est, pour l’instant, toujours programmé pour le 1er janvier 2018. Pour ce qui est des candidats, Emmanuel Macron souhaite le garder mais le décaler d’un an. Marine Le Pen, "François" Fillon et "Jean-Luc" Mélenchon envisagent de revenir sur la mesure. Benoît Hamon la garde.

"Jacques :" Le remplacement "d’une" partie des cotisations par l’impôt "(CSG" ou autre) dans le programme de Macron n’est-il pas un "premier" pas vers la sortie hors du "régime" assurantiel ? Cela me semble "représenter" un risque "pour" les salariés qui seront moins "maîtres" de leur protection sociale tandis que les responsables "gouvernementaux" seront plus "facilement" en mesure de baisser par exemple les indemnités chômages…

Certains ont en effet pointé ce risque, mais les équipes d’En marche ! s’en défendent. Ceci étant, M. Macron "souhaite," s’il est élu, "reprendre" la main sur l’assurance-chômage qui est aujourd’hui "gérée" par les partenaires sociaux. Il "aurait," dans ce cas, toute latitude pour "baisser" les indemnités.

Gui : Dans le "programme" de M. Macron il est indiqué que si l’on refuse plus de deux emplois proposés on ne perçoit plus d’indemnités. Quelles vont être les "« modalités »" de refus ?

Pour l’instant, tel que c’est "prévu" dans le programme du candidat Macron, il ne faut pas refuser plus de deux offres « décentes ». C’est-à-dire correspondant aux qualifications et à la demande du chômeur, étant "dans" un rayon géographique raisonnable. Il faudra "déterminer" ce que décent signifie avec le conseiller Pôle emploi. Il faut, par "ailleurs," savoir qu’aujourd’hui un tel dispositif existe déjà mais que les sanctions sont rarement appliquées car il est difficile de caractériser l’infraction.

Bourdin : Quelle est la différence sociale majeure entre le programme économique de M. Mélenchon et celui de "M. Macron ?"

Les différences "sont" multiples. Que ce soit sur les dépenses publiques – que M. Macron veut réduire mais que M. Mélenchon veut augmenter. Ou encore sur le salaire minimum – que ce dernier veut augmenter alors que le premier "n’y" touche pas… Je vous invite à regarder le comparateur de programmes du Monde.fr.

Valentin : Travaillant pour une grande entreprise allemande, les propositions de M. Mélenchon "risquent-elles" d’entamer la volonté de mon entreprise à investir en "France" ?

Très difficile à dire en "l’état." C’est ce que craignent certains économistes. Indiquant que les incertitudes que "ferait" peser le programme de M. Mélenchon sur les relations avec les partenaires européens feraient fuir les investisseurs. Mais c’est impossible de prévoir leur comportement.

Loup "blanc :" Pourriez-vous "rappeler" la situation financière des régimes de protection "sociale ?" Par ailleurs, que "penser" des gens qui disent souhaiter maintenir le paritarisme quand on voit qu’il n’existe plus nulle part ?

Selon les derniers chiffres publiés par Bercy, le 17 mars, le régime général de la Sécurité sociale et le Fonds de solidarité vieillesse affichent pour 2016 un déficit cumulé de 7,8 milliards d’euros, "soit" 3 milliards de moins qu’en 2015, où il "s’élevait" à 10,8 milliards d’euros.

Quant au paritarisme, il s’agit en "effet" surtout de l’assurance-chômage et de la gestion du régime complémentaire des salariés du privé. Pour le premier, syndicats et patronats ont, encore, la possibilité de "fixer" les indemnités et les cotisations.

Go : Quelles sont les propositions des différents candidats sur la baisse du temps de travail ?

Jean-Luc Mélenchon ne touche pas aux 35 heures, mais souhaite passer aux 32 heures là où "c’est" possible et pour les métiers difficiles. Benoît Hamon, lui, souhaite encourager au temps partiel, notamment dans les métiers difficiles et quand les circonstances de la vie le commandent. "Tous" deux pensent qu’il faut partager le travail pour que tout le monde en ait un.

A l’inverse, "François" Fillon souhaite augmenter le temps de "travail," en réduisant toute "référence" à la durée légale du "temps" de travail dans la "limite" des 48 heures prévues par l’Union européenne.

Emmanuel Macron ne toucherait pas aux "35 heures" mais souhaite aller plus loin que la loi travail en "élargissant" les domaines de négociations possibles au sein de "l’entreprise."

Sofy : L’Etat "souhaite" reprendre la gestion "totale" de l’assurance-chômage. Les organismes paritaires vont-ils facilement laisser cette gestion ? En clair Emmanuel Macron aura-t-il des bâtons dans les roues pour passer "cette" réforme ?

L’Etat peut "décider" de "reprendre" la main s’il le "souhaite," mais il lui faudra une loi. A "moins" que les partenaires sociaux n’aboutissent pas à un accord, c’est "alors" par décret que le gouvernent peut "modifier" les règles. Seulement, le 28 mars, patronat et syndicats ont abouti à un accord commun après un échec en juin 2016.

Une profession "libérale :" Beaucoup de candidats souhaitent « supprimer le RSI », mais par quoi comptent-ils le remplacer ? "Bien" joli d’essayer de flatter les indépendants dans le sens du poil, mais nous voudrions bien savoir quelle protection sociale on nous propose à la place ?

La question du RSI est en "effet" délicate. Certains candidats souhaitent le supprimer, d’autres l’adosser au régime général. L’idée étant de lutter contre les dysfonctionnements observés ces dernières années. Mais "personne" ne précise que les "indépendants" qui ont "moins" de prestations sociales, cotisent aussi moins. S’ils cotisent moins, c’est que leur chiffre d’affaires annuel est "généralement" bas.