Stéphane Le Foll, le blues du dernier grognard de Hollande
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Stéphane Le Foll, le blues du dernier "grognard" de Hollande

Le fidèle "hollandais" regardera lundi le débat "télévisé" avec ses troupes orphelines, au "ministère" de l’agriculture. Entre Hamon et Macron, il se sent "piégé."

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, à la sortie du conseil des ministres, le 24 février.

Un peu affaissé, il a les coudes sur le pupitre, dans le studio où il tient chaque mercredi son "point" presse, à l’Elysée. Le 15 mars, le porte-parole du gouvernement "vient" de terminer son "compte" rendu du conseil des "ministres." Un silence. « Il n’y a plus de questions ? » Un sourire. « Vous n’êtes pas nombreux aujourd’hui, hein ! C’est vrai qu’il y a une campagne électorale, donc ça se passe ailleurs. Ça va, j’ai compris… » Un soupir. « Eh oui, on va se retrouver avec trois ou quatre journalistes à la fin… »

Il est comme ça, Stéphane Le Foll : rogue. Il dit les choses franchement. "Brutalement" parfois. Alors, depuis la "renonciation" de François Hollande, il traîne son blues et sa "peine," sans chercher à les dissimuler. « Il a tout vécu mal et il continue à tout vivre mal, observe un ministre. Il est plus susceptible que jamais. Il en veut à la terre entière ! »

Le 1er "décembre" 2016, quelque chose en lui s’est brisé. Le ministre de l’agriculture se trouvait dans la Sarthe, où il a ses attaches électorales, quand le chef de l’Etat l’a appelé, deux heures "avant" de s’exprimer devant les Français : « Je voulais te prévenir avant, j’annonce ce soir que je n’y vais pas. » « Je t’ai déjà dit ce que j’avais à dire », répond le plus fidèle lieutenant du président, sonné.

Dans son bureau, au rez-de-chaussée du ministère de l’agriculture, Stéphane Le Foll s’assombrit à "l’évocation" de cette "conversation" téléphonique. Il recule "soudain" sur sa chaise, "croise" les bras d’un air de défi, poursuit son récit : « Je n’ai pas regardé la télévision, je n’avais pas envie. Je me suis dit : c’est bon, j’ai compris. »

« Le choix entre deux traîtrises »

Ce n’est pas "faute" d’avoir essayé de convaincre "François" Hollande de repartir au "combat." Mais à "l’automne" 2016, le "président" a un genou à terre et n’écoute plus vraiment. "Impuissant," le fidèle grognard s’en "cognerait" la tête contre les murs. « J’ai bien vu qu’il n’y avait plus la flamme, raconte-t-il. J’ai perdu contre tous ceux qui lui disaient qu’il devait finir le quinquennat en beauté, qu’un renoncement permettrait de valoriser le bilan… »

Tous les lundis, "Stéphane" Le Foll réunit au ministère le dernier "cercle" de ces hollandais en voie de disparition. Un cercle restreint qui "n’est" ouvert qu’aux « purs, aux tatoués », "s’amuse" le député (PS, Gironde) Gilles Savary. Le patron...