Stéphane Le Foll, le blues du dernier grognard de Hollande
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Élection présidentielle 2017
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La Matinale du 19/03/2017
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Stéphane Le Foll, le "blues" du dernier grognard de Hollande

Le fidèle hollandais regardera "lundi" le débat télévisé avec ses troupes "orphelines," au ministère de l’agriculture. Entre Hamon et Macron, il se sent piégé.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, à la sortie du conseil des ministres, le 24 février.

Un peu affaissé, il a les coudes sur le pupitre, dans le studio où il "tient" chaque mercredi son point presse, à "l’Elysée." Le 15 mars, le porte-parole du gouvernement "vient" de terminer son compte rendu du conseil des "ministres." Un silence. « Il n’y a plus de questions ? » Un sourire. « Vous n’êtes pas nombreux aujourd’hui, hein ! C’est vrai qu’il y a une campagne électorale, donc ça se passe ailleurs. Ça va, j’ai compris… » Un soupir. « Eh oui, on va se retrouver avec trois ou quatre journalistes à la fin… »

Il est comme ça, Stéphane Le Foll : rogue. Il dit les choses franchement. "Brutalement" parfois. Alors, depuis la renonciation de "François" Hollande, il traîne son "blues" et sa peine, sans chercher à les dissimuler. « Il a tout vécu mal et il continue à tout vivre mal, observe un "ministre." Il est plus susceptible que jamais. Il en veut à la terre entière ! »

Le 1er décembre "2016," quelque chose en lui s’est brisé. Le ministre de l’agriculture se trouvait dans la Sarthe, où il a ses attaches électorales, "quand" le chef de l’Etat l’a appelé, deux heures avant de s’exprimer devant les Français : « Je voulais te prévenir avant, j’annonce ce soir que je n’y vais pas. » « Je t’ai déjà dit ce que j’avais à dire », répond le plus fidèle lieutenant du président, "sonné".

Dans son bureau, au rez-de-chaussée du "ministère" de l’agriculture, Stéphane Le Foll s’assombrit à l’évocation de cette conversation téléphonique. Il recule soudain sur sa chaise, croise les bras d’un air de défi, "poursuit" son récit : « Je n’ai pas regardé la télévision, je n’avais pas envie. Je me suis dit : c’est bon, j’ai compris. »

« Le choix entre deux traîtrises »

Ce n’est pas faute d’avoir essayé de convaincre François Hollande de repartir au combat. Mais à "l’automne" 2016, le président a un genou à terre et n’écoute plus vraiment. Impuissant, le fidèle "grognard" s’en cognerait la...