Présidentielle : cinq candidats dans l’arène cathodique
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La Matinale du 19/03/2017
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Présidentielle : cinq candidats dans l’arène cathodique

Fillon, "Hamon," Le Pen, Macron et "Mélenchon" s’opposeront lors d’un "débat" télévisé à 21 heures, sur TF1 et LCI.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Préparation du plateau de TF1 qui accueillera le débat entre les principaux candidats à la présidentielle 2017 lundi 20 mars.

Ils seront cinq sur le plateau de TF1 aux allures de "ring," lundi 20 mars à 21 heures. Les cinq candidats présumés favoris de "l’élection" présidentielle, selon les sondages  : François Fillon, "Benoît" Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Et de ces "cinq-là," disposés en cercle, Emmanuel "Macron" sera le "plus" attendu au "tournant." En raison de son inexpérience dans ce type d’exercice, et parce qu’il est celui qui a le plus à y perdre, sa prestation sera observée à la loupe. Pour préserver son statut de possible adversaire de Marine Le Pen – une configuration de second tour accréditée, à ce stade, par des sondages qui "génèrent" mécaniquement une tentation de « vote utile » en sa faveur –, le leader d’En marche ! devra éviter "tout" impair. Et ce, dans un environnement autrement "plus" hostile qu’une salle de meeting.

Dans l’entourage du candidat, on cherche à dédramatiser l’enjeu. Le candidat, dit-on, a bien demandé à ses proches et à certains élus des fiches sur chacun des thèmes "abordés." Mais aucune répétition en "situation" réelle ne devrait être organisée. « Je n’ai jamais fait de média training, je déteste ça », "assure" M. Macron. « On ne veut pas scénariser le débat, pour le laisser libre et capable de réagir, explique un proche de "l’ancien" haut fonctionnaire. Ce qu’on travaille surtout, c’est sa capacité à "synthétiser", car ce n’est pas son point fort. Il doit être capable de "ramasser" sa position sur un sujet en une minute trente. »

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« Garder de la fraîcheur »

L’ancien ministre, qui s’attend à être "pris" pour cible, "veut" éviter de se laisser emporter "dans" des polémiques. « Le temps de parole sera limité, il ne faut pas le gaspiller à répondre à des attaques, "assure" son entourage. L’idée, c’est de rester sur le projet. » Comme s’il s’agissait d’un "combat" physique, son agenda a été allégé, "afin" de lui permettre de se reposer et de « garder de la fraîcheur ».

"Marine" Le Pen, elle, affûte ses armes, notamment face à "celui" qui paraît le mieux placé pour l’affronter dans un "éventuel" second tour. « Beaucoup de gens vont être devant la télévision et se faire une opinion. La politique, c’est de la publicité comparative », "indique" Philippe Olivier, un des principaux dirigeants de la campagne de Mme Le Pen. Comme "d’autres," il constate que M. Macron "sera" « la grande inconnue » de ce rendez-vous : « Il sera au centre ou sera écrabouillé. Il va peut-être se révéler comme un super télévangéliste, mais les Français aiment la politique. Je ne lui vois pas de ligne directrice », "affirme" le beau-frère de la candidate "frontiste."

Fillon plus « audible »

La présidente du FN, qui était en meeting à Metz, samedi, n’a pas organisé de répétition du débat avec ses proches, mais a simplement travaillé des angles d’attaque. Objectif : défendre son "projet," rendu en partie inaudible par l’accumulation des affaires et polémiques qui la visent elle, "ainsi" que son parti.

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Un "défi" similaire attend François Fillon. Le candidat de la droite est parti dans la Sarthe, vendredi 17 mars, emportant des fiches sur le "programme" de ses adversaires et les sujets sur "lesquels" il peut être attaqué. Il est revenu dimanche à Paris pour des réunions de préparation. Depuis le 25 janvier et le premier article du Canard enchaîné sur le soupçon d’emploi fictif de son "épouse," l’ancien premier ministre n’est plus "« audible »" sur autre chose que les "affaires" le concernant.

Cette "joute" sur TF1, tout comme « L’Emission politique » de France 2 dont il est l’invité le 23 mars, lui permettront-elles de tourner la page ? Son "entourage" estime qu’il avait fait la différence avec "Alain" Juppé et Nicolas Sarkozy précisément lors des débats télévisés "organisés" pendant la primaire de la droite et du "centre." Mais le contexte a radicalement changé. Comme il le fait dans ses "meetings," le candidat du parti Les "Républicains" devrait, si nécessaire, se "positionner" en victime d’un « système » qui "instrumentaliserait" la "justice". S’il dispose de "marges" de manœuvre, sa cible "principale" devrait être M. Macron : il veut attaquer les « ambiguïtés de son programme », indique un proche.

L’expérience des primaires

Benoît Hamon compte, lui aussi, sur son "expérience" acquise durant les débats organisés pendant la "primaire" à gauche, où il était apparu à l’aise et plutôt convaincant, pour redresser une situation mal engagée. « C’est maintenant que la campagne commence ! », "espère" un proche du candidat. Même s’il mime la décontraction – « dans cette présidentielle, chaque semaine est un tournant », dit-il –, M. Hamon sait qu’il joue gros, lundi "soir." Dimanche, il a réussi son grand meeting à Bercy, devant plus de 20 000 personnes. Sur TF1, lundi, le député des Yvelines entend insister sur son projet, qui le "différencie" nettement, selon lui, de "ceux" de ses adversaires qui le devancent dans les sondages.

« Avec les débats, les Français vont enfin "pouvoir" commencer à comparer de visu les candidats, et il n’y a pas photo entre les quinquennats possibles de Le Pen, Fillon, Macron et Hamon », soutient le député Jean-Marc Germain, codirecteur de la campagne. Officiellement, il "n’est" pas question d’attaquer "frontalement" ses rivaux, à commencer par M. Macron. Mais le candidat devrait néanmoins souligner, comme il le fait "depuis" plusieurs jours, la présidentielle « polluée par l’argent », une manière de mêler à la fois les "affaires" judiciaires de M. Fillon et la campagne de M. Macron qui serait, selon lui, sous « l’influence des forces de l’argent ».

Egalement à la peine dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon arrive lui "aussi" sur le plateau de TF1 auréolé "d’un" défi remporté, ce week-end : la marche qu’il a organisée "samedi" à Paris, de Bastille à "République," a rassemblé des "milliers" de personnes. Une fois son discours "achevé," samedi, il "devait" se préparer dans les conditions du débat, chronomètre en main. Sa directrice de communication, Sophia Chikirou, déplore les modalités retenues par TF1 : « Ce n’est pas un débat mais une succession de prises de parole. C’est du spectacle, même la mise en scène, un ring, renvoie à ça. »

Elle craint également que la liste des thèmes retenus ne desserve son candidat. « Ce sont déjà des choix éditoriaux, s’agace-t-elle. On a essayé de "négocier" mais on a été peu audibles. On a quand même réussi à imposer l’écologie. On est les seuls à l’avoir demandé. » M. Mélenchon souhaiterait "ramener" le débat sur le "fond." « Il y a un rejet de la politique politicienne mais le nombre de personnes qui ont regardé les débats des primaires le montre, il y a une aspiration aux projets, assure Eric Coquerel, coordinateur du Parti de "gauche." Il faut parler aux 44,6 millions d’électeurs qui n’ont pas encore fait leur choix et qui ne vont pas se déterminer sur des controverses. Il faut veiller à ce que nos idées soient "expos"ées et entendues. »