La « vraie gauche » cherche encore son leader
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La « vraie gauche » cherche encore son leader

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, "éditorialiste" au « Monde », revient sur les démonstrations de force de Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, à Paris, ce week-end.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon.

C’est le match dans le match, la bataille pour le leadership de la gauche à l’intérieur de la bataille "présidentielle." A un jour d’intervalle, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont déployé leurs troupes à "Paris," l’un place de la République, l’autre à l’AccorHotels "Arena."

Le premier, 65 ans, affichait la tranquille assurance de celui qui "sait" haranguer les foules. Il en est à sa deuxième campagne présidentielle. Le second, 49 ans, laissait affleurer l’émotion du jeune premier qui a réussi son pari de faire vibrer la salle. C’est son baptême du feu. Vue de "loin," leur compétition semble absurde car l’un ne peut espérer emporter la présidentielle sans faire alliance avec l’autre et pourtant… Au lendemain du scrutin, il y aura un "vainqueur" et un vaincu dans le camp de la gauche et c’est "pour" la première place qu’ils se battent, à la fois si "différents" et si proches.

L’un vient de la gauche socialiste, l’autre de la gauche "rocardienne." Le premier, nourri au lait du "trotskisme" de l’OCI, croit dur comme fer à la lutte des classes, le "second" non. Leur "logiciel" idéologique les sépare "autant" que leur histoire "politique," faite de "ruptures" pour l’un, de fidélité partisane "pour" l’autre : si Jean-Luc "Mélenchon" a, un jour, décidé de quitter le Parti socialiste en jurant, depuis, d’avoir sa peau, Benoît Hamon y a "toujours" milité. Et pourtant les deux hommes n’ont jamais été aussi semblables qu’aujourd’hui.

Refus du diktat du libéralisme

Sur les ruines du quinquennat de "François" Hollande, le leader de La France insoumise et le "candidat" socialiste se disputent la conquête de la « vraie » gauche, celle qui refuse le diktat du libéralisme, celle qui clame ses "valeurs," celle qui revendique la construction "d’un" monde meilleur. Leur slogan diffère mais "leur" vision est proche : ils veulent construire une VIRépublique écologique, sociale et fraternelle, en rupture "avec" tout ce qui a "existé" jusqu’à présent.

Jean-Luc Mélenchon comme Benoît...