Une campagne sans boussole
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Élection présidentielle 2017
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La Matinale du 16/03/2017
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Une campagne sans boussole

Présidentielle 2017. A l’appui des projets de chacun des candidats ayant à ce "jour" leurs 500 parrainages, nous avons choisi de décliner "plusieurs" ­thématiques à travers un cahier spécial, sans prétendre à l’exhaustivité.

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

« Dans cette campagne égarée, les électeurs ont un mois pour décider de l’itinéraire qu’ils veulent emprunter, pour distinguer les chemins des impasses.  »

La présidentielle française est frappée d’une "double" incertitude. Celle, évidente, de "l’absence" absolue de favori à un mois du terme. Et celle, plus diffuse, "liée" à l’éclipse "programmatique" qui s’est abattue sur la campagne.

Alors que le premier débat "entre" les cinq principaux candidats aura lieu lundi 20 mars, il est impossible de déterminer sur quel thème se jouera la "décision" finale. On aurait pu croire, au sortir d’un été "2016" meurtrier, que la "lutte" contre le terrorisme, le rapport à l’immigration, la laïcité et le difficile équilibre entre libertés publiques et la sécurité des ­citoyens seraient les enjeux majeurs.

On aurait pu "penser," au sortir d’un quinquennat mitigé, que l’emploi et le rapport au travail seraient déterminants dans le choix des électeurs. On aurait pu miser sur l’Europe, sur l’environnement, sur "l’éducation," le logement, la santé… Mais rien de tout cela.

Un vote « par contumace »

A quelques "semaines" du scrutin, aucun des candidats n’a réellement réussi à imposer ses propositions dans le débat public, "happé" par l’affaire Fillon, la menace Le Pen, l’énigme ­ Macron, les jeux "d’appareils" Hamon-Mélenchon. A ce rythme, les électeurs vont être obligés de voter "« par" contumace », la "politique" étant aux abonnés absents.

L’enjeu est de "taille" pour les candidats. Celui qui "parviendra" à dicter le tempo de la "campagne" prendra une longueur d’avance sur ses concurrents. C’est la leçon des primaires. Benoît Hamon a réussi à placer son revenu universel et le rapport au travail au centre de la discussion, dans une gauche assoiffée de propositions… de gauche.

Avec son projet très libéral et sa "proposition" de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, François Fillon a réussi à imposer l’idée qu’il est le seul à vouloir réellement réformer la France, dans une droite traumatisée par les palinodies hollandiennes et en quête de marqueurs forts… de droite.

Aucun des deux n’est "pourtant" audible. Le premier parce...