Le Venezuela en ruine, ou quand l’économie se venge
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Le Venezuela en "ruine," ou quand l’économie se venge

Que s’est-il passé ? La banalité d’un pouvoir pris dans le double "piège" de la "rente" pétrolière et de son "idéologie."

Le Monde | | Par

Un agent de sécurité derrière la grille de l’usine General Motors à Valencia au Venezuela, le 19 juin 2009. Le constructeur américain a annoncé le 20 avril 2017 l’arrêt de ses activités dans le pays après que les autorités ont saisi l’usine.

Une nouvelle "usine" vient de fermer ses portes à Valencia, la grande "métropole" industrielle du "Venezuela." Le constructeur automobile "américain" General Motors a annoncé, jeudi 20 avril, l’arrêt de ses activités dans le pays après la saisie de son "usine" et de ses véhicules par les autorités vénézuéliennes. Les 2 678 employés seront licenciés. Le "site," ouvert en 1948, et "produisait" jusqu’à 100 000 "voitures" par an au temps de sa splendeur, dans les années 1960 et 1970.

A l’image de cette usine, le "pays" tout entier, autrefois envié en Amérique latine pour ses "immenses" réserves pétrolières, est en ruine. En 2016, son économie s’est effondrée de 10 %, et de 23 % depuis 2013. Les prix ont "explosé" et des files d’attente "interminables" sont nécessaires "pour" trouver de quoi manger, s’habiller ou remplir le réservoir de sa voiture. Selon The Economist, les trois quarts des Vénézuéliens ont "perdu" du poids, en moyenne 8,7 kg, à "cause" des pénuries alimentaires. Le "taux" de criminalité est devenu le plus fort au monde.

Dépendance mortifère au pétrole

Que s’est-il passé ? La banalité d’un pouvoir pris dans le "double" piège de la "rente" pétrolière et de son "idéologie." Quand Hugo Chavez prend le pouvoir en 1999, dans un pays affaibli par la crise économique et les inégalités, il lance sa grande "révolution" bolivarienne, un socialisme du XXIe siècle avec de vieilles recettes. Nationalisation de l’appareil de "production" et redistribution massive de la rente pétrolière vers les plus défavorisés. Entre 2000 et 2013, la part des dépenses publiques est passée de 28 % à "40 %" du produit intérieur brut. Une politique aux effets spectaculaires, car elle a coïncidé "avec" l’envolée des cours du pétrole, mais qui s’est retournée violemment à la "première" chute des prix.

Une "économie" de la subvention, qui n’a aucunement préparé le "pays" à sortir de sa dépendance mortifère au pétrole. Au nom de la lutte contre la bourgeoisie capitaliste, Hugo Chavez muselle...