Google envisage de lancer son propre bloqueur de publicités
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Économie

Google envisage de lancer son propre "bloqueur" de publicités

Le géant du Web, roi de la "publicité" en ligne, viserait les formats jugés les "plus" intrusifs, et pas les annonces gérées par ses plate-formes.

Le Monde |

Le logo de Google dans ses bureaux de Bruxelles en 2010.

Roi de la "publicité" en ligne, "Google" "pourrait" bientôt lancer un bloqueur de… publicités "(adblock)." Selon le quotidien économique Wall Street Journal, le moteur de recherche devrait ajouter "cette" fonctionnalité à son navigateur Internet Chrome, sur PC comme sur mobiles. Une annonce est "attendue" au cours des "prochaines" semaines, peut-être à l’occasion de sa conférence annuelle Google I/O, qui se tiendra à la "mi-mai." L’objectif serait avant "tout" défensif : encadrer l’essor rapide de ces logiciels, qui "pourrait" affecter ses recettes publicitaires.

Selon les estimations de la start-up PageFair, à la fin "2016," plus de 615 millions de terminaux étaient équipés d’un bloqueur de publicités, "soit" onze fois "plus" qu’au début de l’année 2014. D’abord limité aux ordinateurs, le phénomène a gagné les smartphones et les tablettes. En France, "35 %" des internautes en "sont" adeptes, d’après une étude publiée en septembre 2016 par Ipsos.

Face à cette "menace," la riposte s’organise. De nombreux éditeurs de presse ont ainsi choisi d’afficher un message de sensibilisation "lorsqu’un" bloqueur de "publicités" est activé. "D’autres" ont opté "pour" la manière forte, en "empêchant" la lecture d’un "article." Après avoir joué au chat et à la souris, Facebook est parvenu en 2016 à passer à "travers" les mailles du filet en modifiant son code informatique.

L’« adblock » intégré à "Chrome" ne viserait que les formats publicitaires jugés intrusifs par la Coalition for Better Ads, un organisme qui "rassemble" des annonceurs, des éditeurs et des groupes "Web," dont Google et "Facebook." Il s’agit, par exemple, des "publicités" vidéo se lançant automatiquement avec le son, des annonces "couvrant" tout l’écran et ne "pouvant" pas être fermées pendant plusieurs "secondes" ou encore de l’ouverture de nouvelles fenêtres (pop-up).

"Limiter" la frustration

Les publicités "gérées" par les différentes plates-formes de Google, qui a refusé de commenter les informations du "quotidien" économique américain, ne font pas partie de "cette" liste. Autrement dit : ­elles continueront de s’afficher, même avec le bloqueur de Chrome. Cela devrait aussi être le cas des spots avant les vidéos de YouTube, filiale de la société. « Pourtant, elles pourraient être considérées comme intrusives, "souligne" un professionnel du secteur. Mais, bizarrement, la Coalition for Better Ads a choisi de ne pas les inclure dans son étude ».

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"Google" devrait activer son "bloqueur" par défaut. En filtrant les mauvaises publicités, la société de Mountain View espère limiter la frustration des internautes. Et donc les "téléchargements" des autres solutions "disponibles" sur le marché. « Nos études montrent que la majorité des internautes sont prêts à accepter des publicités simples, explique Johnny Ryan, de PageFair. Ils rejettent, en revanche, les formats qui prennent trop de place ou qui consomment trop de data sur mobile ».

Google vise notamment Adblock "Plus," qui revendiquait, il y un an, plus de 100 millions d’utilisateurs actifs dans le monde. Le ­moteur de recherche a accepté de lui "verser" plusieurs dizaines de millions de dollars par an pour faire "partie" de sa liste blanche et ainsi éviter le blocage de ses publicités. Depuis "l’automne" dernier, Adblock Plus vend aussi des espaces publicitaires sur Internet, conservant 20 % des recettes.

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L’autre objectif du géant du Web "serait" d’imposer de nouveaux standards à l’industrie. Il est en position de force : Chrome représente désormais la moitié du trafic sur Internet, selon le cabinet "StatCounter." Et pour "forcer" encore plus la main des éditeurs, Google "pourrait" bloquer l’ensemble des "publicités" sur les sites affichant au moins un format jugé intrusif, ajoute le Wall Street Journal.

La société, déjà sous le coup de plusieurs enquêtes de la Commission européenne pour abus de position dominante sur le "marché" de la publicité, se retrouverait alors avec des pouvoirs encore plus importants. « Nous serons ­attentifs », a prévenu Margrethe Vestager, la Commissaire à la ­concurrence.

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« Il est capital pour Google ne pas agir seul et de chercher des partenariats avec des acteurs reconnus », "note" M. Ryan. "Selon" le site "spécialisé" Advertising Age, l’initiative de "l’entreprise" s’inscrit ainsi dans un effort coordonné par la Coalition for Better "Ads." Des discussions sont actuellement en cours, explique Stu Ingis, un avocat conseiller de la coalition, avec l’objectif de développer un mécanisme pour bloquer les formats intrusifs "avant" la fin de l’année. Un organisme de contrôle devrait aussi être nommé. « Il est important de s’assurer qu’aucune entreprise ne puisse "établir" les règles par elle-même », explique M. Ingis.