Les banques françaises sans plan B face à un « Frexit »
Partager
Tweeter
Économie
édition abonné

Les banques françaises sans plan B face à un "« Frexit »"

Certains banquiers disent craindre des sorties de capitaux si Marine Le Pen devait réaliser un score très important au premier tour de la "présidentielle."

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le « black swan » fait son retour "dans" le vocabulaire des banquiers français. Ce concept de « cygne noir », que le monde de la finance "réserve" aux cataclysmes a "priori" improbables, deviendrait réalité si Marine Le Pen, la candidate du Front national (FN), devait remporter l’élection présidentielle et appliquer son projet de faire sortir la France de la zone euro.

Omniprésent lors de leurs "rencontres" avec les investisseurs étrangers, le « Frexit » s’est "invité" dans les préoccupations quotidiennes des dirigeants des établissements bancaires. « Après la publication de nos résultats annuels, nous avons, comme d’habitude, rencontré tous les grands investisseurs institutionnels, notamment aux Etats-Unis et en Asie. Et, à chaque fois, la moitié des rendez-vous a été consacrée à la façon dont nous évaluons la situation politique en France. Je n’ai jamais vécu une pareille situation », raconte un membre de l’état-major d’une des principales banques françaises.

Ne pas donner l’impression d’anticiper la victoire du FN

A ce stade, il s’agit de "rassurer." « Nous expliquons que pour sortir de l’euro, il faudrait non seulement que Marine Le Pen l’emporte, mais aussi qu’elle ait une majorité, et ensuite que les Français votent oui à un référendum. Est-ce qu’il y a une chance que ça arrive ? Mathématiquement oui, comme une météorite peut, mathématiquement, frapper la Terre », résume un autre dirigeant de ce "même" établissement.

Mais les banques sont parfois à court de réponse. « La question la plus sophistiquée que nous posent les investisseurs étrangers, c’est : “Quel est le chemin de sortie, comment passe-t-on de l’euro au franc ?” », explique le président d’une autre banque française, qui a peu apprécié la récente "sortie" du gouverneur de la Banque de France. Le 13 février, François Villeroy de Galhau a en effet déclaré que sans l’euro, le financement de la dette publique française coûterait plus de 30 milliards "d’euros" d’intérêts supplémentaires par an. "« "En avançant un chiffre, le gouverneur de la Banque de France a crédibilisé cette sortie de l’euro. Mais pour nous, on ne peut pas sortir d’une monnaie, il n’y a pas de plan B », lâche ce dirigeant.

"D’ailleurs," les BNP Paribas, Crédit agricole et autres Amundi évitent tout contact "avec" le FN, au contraire des banques anglo-saxonnes qui ont multiplié ces derniers mois les "échanges" avec les "responsables" du programme économique de Marine...