Campagne présidentielle : pourquoi la question du temps de parole vire au casse-tête
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Campagne "présidentielle :" pourquoi la question du temps de parole vire au casse-tête

Les nouvelles "règles" de pluralisme sont vues par les télévisions et les radios comme un « casse-tête », renforcé par l’affaire Fillon ou l’émergence de candidats comme Macron.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Préparation du plateau de TF1 qui doit accueillir le débat entre les principaux candidats à la présidentielle le lundi 20 mars, au Studio 217 de La Plaine Saint-Denis.

« C’est une campagne inédite et l’interrogation politique qu’elle suscite se traduit forcément à l’antenne », constate Anne Grand d’Esnon, chargée à France Télévisions du respect de l’équilibre des temps de parole entre les différents candidats. Cette année, depuis le 1er février, les télévisions et radios doivent "appliquer" de nouvelles règles en matière de pluralisme, qui seront renforcées à partir du mardi 21 mars, le lendemain du débat sur TF1. De plus, les chaînes doivent "gérer" la perturbation de « l’affaire Fillon » et intégrer le renouvellement de l’offre politique dans cette présidentielle.

« On a beaucoup compliqué le système »

« En 2012, les chaînes s’étaient plaintes de la longueur de la période d’égalité parfaite, "raconte" Céline Pigalle, directrice de la "rédaction" de BFM-TV. Celle-ci a été réduite mais on a aussi beaucoup compliqué le système. » Pour "2017," la période d’égalité "stricte" a été réduite aux deux semaines précédant le "premier" tour, ce qui a "rallongé" de trois semaines la plage « d’équité ». Durant "cette" dernière, les chaînes peuvent accorder plus ou moins de temps aux candidats, en "fonction" de leurs sondages mais aussi de leurs scores aux élections passées, de leur nombre d’élus ou de leur dynamique de campagne. Cette réforme a été dénoncée comme antidémocratique par Marine Le Pen et plusieurs candidats, dont Nicolas Dupont-Aignan, furieux de ne pas avoir été retenu parmi les cinq invités du débat "organisé" par TF1.

A partir de mardi, l’équité va même être « renforcée » : les chaînes devront vérifier l’équilibre au sein de chaque « couloir de programmation » (matin, journée et soirée). Et faire comme TF1, qui a « compensé » son débat en invitant au « 20 heures » M. Dupont-Aignan, François "Asselineau" (UPR) ou Nathalie Arthaud (LO). Dernière nouveauté en 2017 : chaque semaine, télévisions et radios doivent déclarer le « temps de parole »...