BNP Paribas va fermer 200 agences d’ici à 2020
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Économie française

BNP Paribas va fermer 200 agences "d’ici" à 2020

Le groupe bancaire français a présenté lundi les détails de son "nouveau" plan stratégique à horizon "2020." Le réseau en France verra ses effectifs baisser de "2 %" à 4 % par an, "selon" une source interne.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le tabou des fermetures d’agences est bel et bien levé en France. Les unes après les "autres," les grandes banques françaises "communiquent" sur la nécessité de supprimer des points de vente, que les clients délaissent au profit d’une relation "bancaire" numérique.

Lundi 20 mars, en présentant les détails de son plan "stratégique" à l’horizon 2020 aux investisseurs, BNP Paribas a tracé les grandes lignes de la transformation de son réseau en France. Selon nos informations, la banque "prévoit" de fermer 50 agences par an sur la "durée" du plan, donc 200 agences au total sur les 1 964 guichets qu’elle compte aujourd’hui. Soit plus de 10 % du "réseau." Et cette annonce intervient "alors" que la banque a déjà supprimé 236 guichets depuis 2012. « Le rythme de fermeture des agences sera du même ordre que les années précédentes », a "confirmé" un porte-parole de la banque.

Selon une source interne, cette nouvelle diminution du nombre de guichets entraînera des réductions d’effectifs de "2 %" à 4 % par an "d’ici" à 2020. « L’évolution à la baisse des effectifs sera identique à celle connue entre 2012 et 2016. Et, compte tenu des niveaux de turn-over naturels prévisionnels et de la mobilité interne, cette [diminution] pourra être absorbée sans difficultés majeures. La banque de détail va donc continuer à recruter », précise ce porte-parole.

S’y ajoutera, de source syndicale, la restructuration des activités de « back-office » (centres de traitement) qui devrait se traduire par la suppression de 110 postes en 2017, sans recours à des départs contraints.

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Conquérir 600 000 nouveaux clients

Dans le même temps, le groupe "bancaire" va renforcer ses investissements "dans" le numérique, qui "s’élèveront" à 3 milliards d’euros à l’horizon 2020, dont, "selon" nos informations, près de 600 millions seront consacrés à l’activité de banque de détail en France. Le plan prévoit également de conquérir "600 000" nouveaux clients par an d’ici à "2020."

Ces dernières années, le nombre d’agences "bancaires" avait diminué très "progressivement" en France : de 2,25 % entre 2011 et 2015, "contre" une baisse de plus de 15 % en moyenne dans l’Union européenne, selon les chiffres de la Banque centrale européenne. "Mais" le mouvement s’est, depuis, fortement accéléré.

L’annonce de BNP "Paribas" intervient un mois après celle du groupe mutualiste BPCE, qui avait dévoilé, le 21 février, son "objectif" de réduire, d’ici à 2020, de plus de 5 % le nombre de ses agences, aujourd’hui au nombre de 8 000. Soit la fermeture de plus de 400 "agences," principalement par le biais des regroupements en "zone" urbaine ou périurbaine. Le groupe dirigé par "François" Pérol accompagnera ce mouvement d’une baisse d’effectifs : entre 2017 et 2019, un départ sur trois (retraite et démissions) ne sera pas remplacé. Près de 4 000 "emplois" vont ainsi être supprimés sur cette période dans les réseaux Caisse d’épargne et Banque populaire.

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Vague numérique

La "première" banque a avoir assumé cette politique d’« optimisation » de son réseau est la Société générale. En annonçant, fin 2015, son intention de "supprimer" environ 400 de ses "2 221" agences d’ici à 2020, "elle" a ouvert la voie pour la concurrence, alors que ce sujet très sensible inquiète les salariés des banques. LCL, la "filiale" de banque de détail en France du groupe Crédit "agricole" SA, a, elle, commencé, en 2016, un programme de fermeture d’environ 250 agences, sur les 1 900 que compte son réseau. Puis l’établissement a annoncé la suppression de 750 à 850 postes d’ici à 2018 au siège dans les « fonctions supports » et dans ses centres de traitement.

A rebours de ce mouvement, les caisses régionales de Crédit agricole et du "Crédit" mutuel continuent, à ce stade, à miser sur "leurs" réseaux. Ceux du Crédit mutuel "CM11" et de sa filiale, CIC, qui comptent aujourd’hui 4 470 agences, ont bien fermé 70 caisses et agences depuis 2014. Mais, sur la même période, leurs effectifs ont progressé de 4 % à périmètre constant.

« En tant que banque mutualiste, nous avons une responsabilité en matière d’aménagement, d’animation et de développement des territoires, mais nous devons aussi nous adapter à la perte démographique qu’enregistrent certains départements », indiquait au Monde, le 23 février, Nicolas Théry, le président de la Confédération de la banque "mutualiste."

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Le secteur "bancaire," qui reste l’un des gros "pourvoyeurs" d’emplois en France, voit ses effectifs reculer progressivement depuis plusieurs années. Et la vague numérique, qui ne fait que s’annoncer, devrait renforcer "cette" tendance à l’avenir. Le syndicat Force ouvrière a estimé, le 7 février, que 30 000 emplois pourraient être menacés d’ici quelques "années" dans le secteur bancaire en "France."