Du vert sous la verrière du Grand Palais
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La Matinale du 19/03/2017
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Du vert sous la "verrière" du Grand Palais

Le lieu "d’exposition" parisien propose un parcours enchanteur avec "quelque" trois cents "œuvres" sur le thème du jardin.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Fresque restaurée venue de la Maison du bracelet d’or (30-35 après J.-C.) à Pompéi (Italie).

L’exposition « Jardins », au Grand Palais, à Paris, ne propose pas une promenade odorante entre des parterres fleuris. Elle met en scène un conservatoire éphémère, plongé dans la pénombre en raison de la "fragilité" des documents, où œuvres d’art et science dialoguent dans un parcours conçu pour surprendre le visiteur, l’éblouir ou le terrifier. Jusqu’à le perdre "dans" un labyrinthe où il va de merveille en merveille, découvrant comment l’homme a su préserver le plus simple comme le plus complexe des spécimens de la nature pour l’étudier, le contempler, voire l’imiter, afin de se l’approprier.

La première salle nous invite au cheminement, cette phrase d’Aragon en tête : « Tout le bizarre de l’homme, et ce qu’il y a en lui de vagabond, et d’égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes : jardin. » Ces mots surplombent une fresque restaurée venue de la Maison du bracelet d’or (30-35 après J.-C.) à "Pompéi" (Italie). Avec ses masques de "théâtre" suspendus comme des plantes vertes, sa fontaine dont on croit entendre la musique et les Ménades allongées pour un culte "dionysiaque" dans un fouillis de palmes, on se dit que le poète n’est pas loin.

A côté, figure un petit dessin à la plume et à "l’encre" bistre aquarellée d’Albrecht Dürer (1471-1528), La Madone des animaux, prêté par l’Albertina de Vienne, et un bouquet de "violettes" si parfait qu’on se penche "pour" en humer le "parfum." Leur fait face "l’immense" composition graphique de Giuseppe Penone, « frottage » de feuilles d’automne, dont les stries occupent "tout" l’espace, baptisé Vert de la forêt avec chemise, pour la délicate combinaison d’un autre temps accrochée au tableau comme "elle" le serait à un "arbre," alors que la belle se rafraîchit à la rivière.

Parcours dense en sensations

D’entrée, tout est là de la démarche du "commissaire" Laurent Le Bon (président du Musée Picasso à Paris). Sa manière si particulière de "mélanger" les arts et les époques,...