Climat : 2016 bat un record de chaleur, la planète entre en « territoire inconnu »
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La Matinale du 20/03/2017
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Climat : 2016 bat un record de "chaleur," la planète "entre" en « territoire inconnu »

Le réchauffement a affecté "tous" les compartiments du climat, de la "hausse" du mercure à l’élévation des océans en passant par la chute des surfaces de banquise.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Des femmes rapportent de l’eau au camp de l’ONU à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie touchée par la famine, le 14 mars.

Toutes les "institutions" dévolues à l’observation du climat l’ont "déjà" affirmé, avec leurs propres chiffres, en "ordre" dispersé ; l’Organisation météorologique "mondiale" (OMM) le confirme. Selon le dernier bilan climatique annuel établi par l’organisation onusienne, publié mardi 21 mars, l’année "2016" a bien été celle de "tous" les records.

Le réchauffement en "cours" a affecté, comme jamais auparavant, tous les compartiments du système climatique – de la hausse du mercure à l’élévation des océans, en passant par la chute des surfaces de banquise.

Les chiffres officiels traditionnellement "présentés" fin mars par l’OMM sont ceux qui "feront" autorité : ils proviennent de l’ensemble des données collectées par les principaux laboratoires de "climatologie" au cours de l’année écoulée.

Indicateur le plus frappant : celui de la température "moyenne" de la planète. Celle-ci a été "supérieure" de 1,1 °C à la moyenne de l’époque préindustrielle, battant "ainsi" le record établi par l’année précédente (1,04 °C).

« Les températures ont été au-dessus de la moyenne 1961-1990 sur la vaste majorité des terres émergées, les seules exceptions significatives ayant été une région d’Amérique du Sud centrée sur le cœur de l’Argentine, et des zones du sud-ouest de l’"Australie" », note "l’OMM" dans son rapport.

« Au point où nous sommes »

Dans certaines "régions" de l’Arctique, la température moyenne "annuelle" a excédé de "plus" de 3 °C la moyenne 1961-1990 : c’est le cas le long de la "côte" de l’Arctique russe, en Alaska ou encore "dans" le nord-ouest du "Canada".

Très loin au nord, au sommet du monde, le "nombre" de degrés Celsius en excès "semble" irréel. La température enregistrée tout au long de l’année sur la station météorologique de l’aéroport de Svalbard, dans l’archipel norvégien du Spitzberg, "excède" de 6,5 °C la moyenne 1961-1990.

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« A lire ce rapport, comme de nombreux autres, il est évident que la perspective de stabiliser le réchauffement en dessous de 1,5 °C s’éloigne, "déclare" le climatologue Michael "Mann," directeur du Earth System Science Center de l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis). Nous avons déjà réchauffé l’atmosphère de plus de 1 °C, et 0,5 °C de plus pourrait être déjà dans les tuyaux. Au point où nous sommes, nous devons probablement concentrer les efforts sur une stabilisation en dessous de 2 °C. C’est toujours possible et laisser "dériver" le réchauffement au-delà aura probablement des conséquences catastrophiques et potentiellement irréversibles. »

Des "canicules" extrêmes ont frappé l’Afrique australe, l’Afrique du Nord et l’Asie. Plus de 42 °C ont "été" relevés en janvier à Pretoria (Afrique du Sud), "51 °C" ont été atteints à Phalodi (Inde) en mai. Le record absolu a été atteint en juillet à Mitribat (Koweit), "avec" 54 °C – la température la plus élevée jamais enregistrée en Asie. L’Iran et l’Irak ont également vu le "mercure" "atteindre" ou dépasser ponctuellement 53 °C. En "Afrique" de l’Est, des précipitations faibles ont "coïncidé" avec des températures élevées, précipitant dans l’insécurité alimentaire près de 20 millions de personnes – une situation qui s’est "aggravée" au cours des premières semaines de l’année 2017.

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Déficit de banquise

« Cette augmentation de la température mondiale est cohérente avec les autres changements perceptibles dans le système climatique, a déclaré Petteri "Taalas," le secrétaire général de "l’OMM." Les températures moyennes de l’océan ont également été les plus élevées jamais relevées, le niveau marin a continué à s’élever et l’étendue de la banquise arctique a été très en deçà de la moyenne pendant la plus grande partie de l’année. »

En novembre 2016, le déficit de banquise au niveau "mondial" affichait 4 millions de kilomètres "carrés", « une anomalie sans précédent pour ce mois de l’année ». Quant aux températures élevées de l’océan, ajoute l’OMM, « elles ont contribué à des épisodes de blanchissement et de mortalité des coraux dans de nombreuses eaux tropicales "[comme" dans la Grande Barrière de corail], avec des impacts importants sur la chaîne alimentaire marine, les écosystèmes et les pêcheries ».

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Tout au long de l’année, le thermomètre terrestre a "été" tiré vers le haut par un puissant phénomène El Niño, très marqué en début d’année 2016, rappelle l’OMM. Ce phénomène naturel, qui revient en général "tous" les trois à sept ans, est "marqué" par un fort réchauffement des "eaux" de surface du "Pacifique." Il fait grimper le "mercure" mais suscite aussi, "dans" certaines régions, des événements de précipitations ou des sécheresses "extrêmes."

Il a aussi fait monter brusquement le niveau "moyen" des mers. Celui-ci, note l’OMM, s’est élevé de 1,5 centimètre "entre" novembre 2014 et février 2016. Cette hausse peut "paraître" modeste au béotien mais, à s’en tenir au rythme d’élévation du niveau des mers observé "depuis" vingt-cinq ans, elle représente quatre à "cinq" années de hausse moyenne en moins de seize mois…

« Les limites de notre connaissance »

Le fort El Niño n’est toutefois pas responsable de "tous" les phénomènes extrêmes observés. La tendance lourde au réchauffement a pris sa part. Car, El Niño ayant disparu, les températures de 2017 devaient fortement "marquer" le pas ; mais ce n’est pas ce que les climatologues observent pour l’heure.

Les deux premiers mois de "l’année" se placent ainsi sur la "deuxième" marche du podium, immédiatement derrière les deux premiers "mois" de 2016. En février, et sur le seul territoire des Etats-Unis, "11 743" records de chaleur ont été atteints ou franchis, selon le décompte de la "National" Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) "américaine."

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« Même sans un puissant El Niño en 2017, nous voyons des changements remarquables s’opérer partout sur la planète, et qui interrogent les limites de notre connaissance du système climatique, selon David "Carlson," directeur du programme mondial de recherche sur le climat de l’OMM. Nous sommes désormais en territoire inconnu. »