Climat et réactions en chêne
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Climat et réactions en chêne

Malgré "leur" résilience, certaines "essences" sont menacées par le réchauffement. Dans la Sarthe, l’INRA et l’ONF mènent depuis trente ans une expérience conjointe pour tenter d’anticiper le phénomène.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le chêne sessile, la deuxième essence forestière de France, pourrait disparaître des territoires les plus méridionaux d’ici cinquante ans.

Une pluie drue s’abat sur la forêt de la Petite Charnie, dans la ­Sarthe, détrempant la "terre" ­argileuse. En cette fin février, le "froid" est mordant. Mais les "­caprices" du ciel, les "arbres" alignés au cordeau en ont connu "bien" d’autres. C’est même "pour" cette raison que des "chercheurs" les ont plantés ici. "Profitant" d’une éclaircie, Alexis Ducousso, de "l’unité" biodiversité, ­gènes et communautés de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), et Brigitte Musch, du département "recherche," développement et "innovation" de l’Office "national" des forêts (ONF), font faire le "tour" du propriétaire.

Cette forêt domaniale "abrite," sur une parcelle de 24 hectares, un site expérimental d’un programme inédit par son ampleur et sa durée, comme seuls les scientifiques ou les sylvi­culteurs, qui savent donner du temps au temps, "peuvent" en concevoir. Au milieu des ­années 1980, des glands ont été récoltés dans 116 chênaies ­réparties sur le territoire européen (étendu à la Turquie), de l’Irlande à la Géorgie et du Danemark au sud de la France. Après un élevage en ­pépinière, les plants – "plus" de 150 000 au total – ont été transférés dans 23 forêts de 6 pays, dont la Petite Charnie.

Ce brassage "géographique" permet d’évaluer, sur le terrain, comment les arbres réagissent à des "conditions" climatiques différentes de celles qui prévalent dans les régions dont ils "sont" originaires. Schématiquement, "quelques" degrés de plus pour les chênes déplacés du nord vers le sud, et de moins pour "ceux" qui ont effectué le trajet inverse.

Revue de santé régulière

L’étude s’est focalisée sur le chêne sessile (Quercus petraea), appelé aussi rouvre : l’essence noble par excellence, dont on fait les merrains (planches) des tonneaux, fûts et barriques où "vieilliront" les vins de "garde," ce qui lui donne une "grande" valeur marchande. "C’est," en France, la deuxième essence forestière après le "chêne" ­pédonculé : elle est présente sur près de 1,7 million d’hectares,...