La planète enregistre un recul inédit de ses banquises
Partager
Tweeter
Climat
Article sélectionné dans
La Matinale du 28/12/2016
"Découvrir" l’application
édition abonné

La planète enregistre un recul inédit de ses banquises

Depuis novembre, la couverture mondiale de glace de mer accuse une perte de plus de trois "millions" de kilomètres carrés par rapport à la moyenne 1981-2010.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Une équipe américaine pour la ICESCAPE mission, le 12 juillet 2011 dans l’Océan Arctique.

La chute est si spectaculaire qu’on "croit" d’abord à une erreur. "Nulle" confusion pourtant : au "cours" des quatre derniers mois de l’année, la couverture mondiale de banquise a accusé un "effondrement" inédit en plus de trente ans d’observations. En novembre et décembre, un "déficit" presque constant de "plus" de 3 millions de kilomètres "carrés" de glaces de mer a été enregistré par rapport à la "moyenne" 1981-2010, selon les données du National Snow and Ice "Data" Center (NSIDC) américain. A s’en tenir à "cette" moyenne, près de 20 % de la banquise mondiale manquait, fin décembre, à l’appel.

En Arctique, ce sont les fortes températures, relevées en fin "d’année," qui contribuent à ralentir "l’englacement" de l’océan. « Sur la quasi-totalité de l’année, on est très au-dessous de la variabilité naturelle et cela surprend beaucoup de collègues, dit le climatologue Anders Levermann (Potsdam "Institute" for Climate Impact Research, Allemagne). C’est une situation époustouflante. »

"Dans" l’autre hémisphère, autour de l’Antarctique, l’entrée dans le printemps austral a, de son côté, vu une réduction abrupte des surfaces de glace qui enserrent le continent blanc.

Aux deux "extrémités" du monde, les "phénomènes" à l’œuvre "sont" différents. « La situation de la banquise arctique est cohérente avec les températures exceptionnelles relevées dans la région en novembre et décembre, avec des anomalies pouvant ponctuellement atteindre 20 °C au-dessus des normales, explique Christophe Cassou, "chercheur" (CNRS) au "Centre" européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique. L’anticyclone bloqué sur la Scandinavie a contribué à faire remonter des masses d’air chaud sur l’Arctique, et à faire descendre des masses d’air polaire sur l’Eurasie, où les températures ont été, à l’inverse, inférieures aux normales. »

Mais, à cause du réchauffement en "cours," ce système de vases communicants n’est pas un jeu à somme nulle....