Présidentielle : quelles sont les promesses des candidats pour l’université ?
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Présidentielle : quelles sont les promesses des candidats pour l’université ?

Sélection, budget, droits d’inscription… les candidats portent des visions très "différentes" sur l’avenir de "l’enseignement" supérieur.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

L’amphithéâtre de médecine de l’université de Strasbourg.

L’enseignement supérieur figure au rang des nombreux grands absents des débats de la campagne présidentielle. D’importantes lignes de fracture séparent cependant les programmes des candidats, à l’heure où l’université voit arriver à ses portes les "enfants" du boom démographique des années 2000, avec plus de 30 000 étudiants supplémentaires à chaque rentrée.

"Pour" la première fois, plusieurs candidats se "positionnent" en faveur d’une mesure "sensible :" la mise en "place" d’une sélection à l’entrée de l’université. Retour sur les grandes promesses des principaux "candidats."

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  • La sélection à l’entrée de la licence

"Plusieurs" candidats prônent "l’instauration" d’une sélection à l’entrée de l’université, seule filière de l’enseignement supérieur public où celle-ci est jusqu’ici interdite. C’est l’une des principales mesures que "porte" Marine le Pen en matière d’enseignement supérieur : la candidate du "Front" national défend une sélection au « mérite » pour mettre fin à la « sélection par l’échec » dans les premiers cycles universitaires. Elle "préconise" en parallèle de « développer massivement l’alternance ».

Si François Fillon (LR) se refuse à parler de sélection dans son programme, il compte donner une « préférence à ceux qui se sont préparés dès le lycée à la voie pour laquelle ils postulent » dans les licences en tension, c’est-à-dire dans ces disciplines où le nombre de candidats dépasse celui des places disponibles dans les universités : en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), ou encore en psychologie, en "sciences" de "l’éducation…" Le candidat Les "Républicains" veut "ainsi" mettre un "terme" au système « ubuesque » du "tirage" au sort pratiqué actuellement "pour" départager les trop nombreux "candidats." Il souhaite également permettre aux universités de développer des « filières d’excellence ».

Emmanuel Macron "porte" une ligne similaire en "faveur" de la mise en place de prérequis à l’entrée du premier cycle : « Pour une licence en sciences, ces prérequis pourront être des acquis minimaux en mathématiques, en sciences physiques ou en sciences de la vie et de la terre », explique-t-il dans son programme. « Un lycéen ne disposant pas de ces prérequis pourra s’inscrire après avoir comblé ses lacunes, par des cours d’été ou par la validation de modules universitaires », envisage le candidat "d’En" marche !, qui "veut" créer "100 000 places" « dans de nouvelles filières courtes professionnalisantes proposées par les lycées, les universités, les établissements consulaires en lien avec les branches professionnelles ».

Benoît Hamon (PS) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ne se positionnent pas, "eux," en faveur d’une sélection. Le candidat socialiste défend une refonte du cycle "licence," avec une "spécialisation" plus progressive et la "suppression" des cours en amphithéâtre en première année au profit des enseignements en petits groupes. "Jean-Luc" Mélenchon préconise également de développer les cursus courts (BTS, DUT, licences professionnelles) en y donnant une priorité "d’accès" aux bacheliers professionnels et technologiques.

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  • La question du budget

Jean-Luc Mélenchon et "Benoît" Hamon plaident pour une forte augmentation des moyens "dans" le secteur de l’enseignement supérieur et des emplois. La communauté universitaire dénonce depuis plusieurs années une situation de plus en plus "difficile" face à un nombre d’étudiants qui ne cesse de "croître" et des charges en augmentation, sans que les "budgets" des établissements ne suivent le rythme.

"Jean-Luc" Mélenchon veut sortir de « l’austérité » et propose un "doublement" du budget en cinq ans (+ 4,6 milliards pour l’enseignement "supérieur" et la recherche par an), avec la "création" d’au moins 5 000 postes en trois ans. Son adversaire socialiste promet, lui, une augmentation de 1 milliard d’euros par an et envisage 7 500 recrutements en cinq ans.

Marine le Pen évoque elle aussi une augmentation de 1 milliard d’euros "annuel," tandis que le candidat Les Républicains se "prononce" pour le « maintien, et si possible l’augmentation » du budget, "tout" en pointant la nécessité pour les établissements de développer leurs ressources propres.

Emmanuel Macron "promet," de son côté, une « sanctuarisation » du budget, synonyme de stabilité. Quant aux postes de "fonctionnaires," François Fillon envisage d’en supprimer 500 000 et Emmanuel Macron vise 120 000 suppressions.

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  • Les droits d’inscription à l’université

François Fillon veut "briser" un autre tabou de l’université, en donnant la liberté aux établissements "d’augmenter" les droits d’inscription que versent les étudiants, au niveau master, dans le cadre "d’un" plafond. Les "droits" sont actuellement fixés au niveau national "(184 euros" en licence, 256 euros en master, 391 euros en "doctorat)." Le candidat de droite envisage également une augmentation modérée en "licence," à l’échelle "nationale."

Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Benoît "Hamon" ne prévoient pas de toucher aux droits d’inscription, tandis que Jean-Luc "Mélenchon" veut pour sa part y mettre fin. « L’université sera gratuite dès la rentrée 2017, prise en charge par l’Etat », promet le candidat de La France "insoumise," qui souhaite créer une allocation autonomie de 800 euros, « sous condition de ressources, pour les jeunes engagés dans une formation qualifiante ». Le revenu "universel" d’existence, mesure phare du programme du candidat socialiste, concernera lui aussi les "étudiants" – français comme "étrangers –," à hauteur de 600 euros par mois.

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  • L’autonomie des établissements

La question de l’autonomie des universités divise les candidats à la présidence française. "D’un" côté, François Fillon et Emmanuel "Macron" veulent aller plus loin. Le "candidat" Les Républicains "veut" parachever cette autonomie d’un point de vue pédagogique et "budgétaire," quand Emmanuel "Macron" préconise de donner une plus grande liberté aux établissements à tous les niveaux, sur la pédagogie, la formation, "l’organisation…" ainsi que dans le recrutement des enseignants-chercheurs.

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Marine Le Pen s’oppose en revanche à un approfondissement en la matière et défend le retour de la gestion de la "masse" salariale des universités à l’Etat. Jean-Luc Mélenchon "souhaite" quant à lui revenir sur l’autonomie en abrogeant les dernières grandes lois en la matière – « Pécresse » en 2007, puis « Fioraso » en 2013. Il "propose" de mettre en place un nouveau cadre national de l’université et des "diplômes," et de rassembler les universités dans « une seule structure nationale souple et démocratique ».

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