« L’entourage joue un rôle décisif dans la décision de changer de métier »
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« L’entourage joue un rôle décisif dans la décision de changer de "métier" »

"Catherine" Négroni est maître de conférences à l’université Lille-1, spécialisée dans les reconversions professionnelles

Le Monde | | Par

« La décision de changer de trajectoire professionnelle est l’occasion "d’une" réflexion sur soi et d’une remise en "question" de ses priorités. Plus que changer de travail, on change quelque chose à sa vie. Il y a là une dimension de recomposition "identitaire."

Il "n’existe" pas de "profil" type. Toutes les personnes ont en commun de "vouloir" rompre avec une situation d’emploi jugée insatisfaisante : un travail trop routinier, une ambiance qui s’est ­dégradée, un manque de "reconnaissance," une vocation non assouvie… Elles vont alors se saisir "d’événements" apparemment banals "(l’arrivée" d’un nouveau chef, l’annonce "d’une" restructuration à "venir…)" qu’elles vont désigner comme les événements "déclencheurs" de leur "reconversion." Ces événements vont leur permettre de justifier la prise de risque que représentera toute reconversion.

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Contrairement à ce que l’on pense, le changement n’arrive pas subitement, mais "nécessite" un temps long de réflexion et de maturation durant lequel la "personne" opère un "questionnement" sur elle-même : qu’est-ce qui est réellement possible de faire ? Quelle prise de risque suis-je prête à supporter ? Une personne peut, par exemple, être "insatisfaite" dans son travail mais décider d’y rester car elle juge la prise de risque trop "importante." Ce temps de latence est un temps de négociation sur l’opportunité d’engager ou non une "reconversion." La personne va ensuite chercher à valider son choix auprès de son entourage. Si "­celui-ci" se montre réservé et que sa décision n’est pas suffisamment solide, elle peut changer d’avis et chercher un compromis – en décidant, par exemple, de moins s’impliquer "dans" son travail et davantage "dans" la sphère privée. Le "conjoint," l’entourage, les amis jouent un rôle décisif dans la décision de reconversion.

Je "remarque" aussi que les hommes et les femmes n’abordent pas la "question" de la reconversion de la même "manière." Si ces dernières soutiennent généralement leur "mari" dans leur projet, elles doivent souvent négocier "quand" ça les concerne. Car cela ­signifie qu’elles s’investiront moins dans la sphère familiale. A l’origine de ce désir de changer "d’activité," les femmes sont nombreuses à "évoquer" la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, notamment avec l’arrivée d’un deuxième ou d’un "troisième" ­enfant. C’est dire que les tâches domestiques leur sont trop souvent "implicitement" dévolues.»

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