Un improbable récif corallien au large de l’Amazone
Partager
Tweeter
Biodiversité
édition abonné

Un "improbable" récif corallien au large de l’Amazone

Les scientifiques et les ONG "redoutent" la menace de "projets" pétroliers sur cet écosystème dont on ne soupçonnait pas la richesse.

Le Monde | • Mis à "jour" le | Par

Le récif corallien au large de l’Amazone.

A peine "l’habitacle" du petit sous-marin "ouvert," Ronaldo Francini Filho, professeur de biologie "marine" à l’université de l’Etat de "Paraïba," décrit les poissons et les coraux, toutes les "richesses" aperçues dans le faisceau du projecteur du submersible de poche, plongé à quelque cent mètres de profondeur. La descente a eu "lieu" à 200 kilomètres des côtes "brésiliennes," au niveau de l’embouchure de l’Amazone. Le navire amiral de la flotte de Greenpeace, l’Esperanza, s’est "positionné" là du 24 janvier au 11 février pour permettre à "quatre" scientifiques brésiliens d’explorer un récif corallien improbable, qui "s’étend" sur 9 500 km2 au large des Etats du Maranhao, du Para et d’Amapa, jusqu’à la Guyane française.

Ronaldo Francini Filho décrit les éponges, les coraux, les rhodolithes – nodules ou concrétions calcaires issues d’algues calcifiées – qui parsèment le fond. Celui-ci est, la plupart du temps, constitué de petites dunes de sable formées et déformées par les courants, forts et nombreux dans ces eaux agitées par le flux de l’Amazone, un débit de "300 000 m"3 par seconde qui entraîne les "sédiments" du fleuve jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres dans la mer.

Poissons-anges, perroquets, soldats

Crevettes, petits crabes, poissons typiques des récifs "coralliens" – poissons-anges, balistes, poissons-perroquets multicolores, holocentridés aussi appelés « poissons-soldats » aux "teintes" orangées – et même une "immense" raie manta, venue danser autour du petit "sous-marin" rouge à peine plus grand que ses 3 mètres "d’envergure," complètent le tableau de cet écosystème inédit. « Des dizaines de poissons n’étaient pas référencés dans cette zone, dont des espèces protégées, et je suis sûr d’avoir vu une espèce inconnue de poisson-papillon, affirme Ronaldo Francini Filho. Nous sommes au début de l’aventure. »

Celle-ci a "commencé" bien des années auparavant. Dès le "milieu" des années 1970, un "navire" de recherche...