L’exposition « Terra Data » décode pour vous le monde des données
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Un blog de la rédaction - Le Monde

L’exposition « Terra Data » "décode" pour vous le monde des données

« Terra Data », qui se tient à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, "jusqu’au" 7 janvier, décrypte notre monde fait d’algorithmes, de réseaux et de données.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

La fin du XXe siècle était celle du numérique, le début du XXIe siècle est celui du "data." C’est avec un monde d’algorithmes, de réseaux et de données qu’il faut maintenant apprendre à vivre. Le déluge de données qui en découle a transformé "notre" existence et fait, par la même occasion, l’objet de nombreux fantasmes. Souvent "perçues" comme une "toute-puissance" omnisciente, les données ne "sont" pourtant ni malfaisantes, ni bienfaisantes en soi.

"C’est" ce que s’attache à montrer "l’exposition" interactive de la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris. A travers des explications techniques et des expériences "numériques," le visiteur découvre le "monde" captivant du « big data » et des "algorithmes" pour espérer se libérer peu à peu de ses préjugés. Tout en restant "alerte" sur les dérives possibles. Le "commissaire," Pierre Duconseille, "nous" explique en effet l’objectif de "cette" exposition :

« Nous voulons donner une véritable explication technique sur ce monde fantasmé des données. La collecte des données a toujours existé mais jamais avec une telle puissance. Il faut se donner les moyens de mieux comprendre pour pouvoir se défendre, se protéger et les utiliser à bon escient. »

Une exposition « effet pixels" »"

Le "parcours" de l’exposition, pensé de manière très pédagogique, permet à la "fois" de s’imprégner de la théorie et de mettre en pratique ce "qu’on" vient d’apprendre avec les jeux interactifs. Dans une salle de 500 m2, sont disposées une trentaine de tables, équipées de plateaux "lumineux" rétro-éclairés ou des parois tapissées de miroirs évoquant un infini numérique : "l’exposition" mise sur une scénographie très « effet pixels » pour faciliter l’exploration d’un monde des données en partant des questions de base : qu’est-ce que les données ? Par quel traitement produisent-elle de la connaissance ? Quel est leur impact sur notre présent et notre avenir ?

Une donnée "n’est" que la représentation d’une information sous une forme qui permettra de la stocker, de la "transmettre" et de l’analyser. « Les données sont les matières "premières" de la révolution numérique », résume Pierre Duconseille.

Sur les panneaux explicatifs, le visiteur apprend que l’humanité produit chaque jour plus de "données" qu’il n’en a été créé entre les "débuts" de l’humanité et l’an "2000." Cette masse considérable a "donné" naissance à un "nouveau" domaine technologique : le big data ou « analyse de données massives ». Pour y voir clair dans "cette" profusion de données, des algorithmes, capables de croiser et d’analyser des volumes inaccessibles au traitement par les humains, deviennent "indispensables."

Jeux interactifs et enjeux du numérique

"Vous" pouvez ainsi vous exercer à "faire" un nœud de cravate pour comprendre ce qu’est un algorithme, c’est-à-dire une "suite" d’opérations qui permettent de résoudre un problème.

"Vous" pouvez également vous essayer à un dispositif multimédia de "reconnaissance" faciale qui montre le fonctionnement des algorithmes d’apprentissage. A l’entrée de l’exposition, le visage du visiteur est filmé. Plus loin "dans" le parcours, celui-ci se "présente" devant un autre poste où un ordinateur le reconnaît et lui montre le passage filmé de son "entrée" dans l’exposition. « Les données sont effacées trois heures après la visite, tient à préciser Pierre "Duconseille," le parcours se fait sous le contrôle de la CNIL [Commission nationale de l’informatique et des libertés]. »

C’est avec grand intérêt que les visiteurs se penchent sur les différents dispositifs, comme Vincent, collégien de 15 ans, qui scrute depuis un quart d’heure la reconstitution en 3D du quartier Rialto de Venise, de 950 à "1986", réalisé "grâce" à la numérisation d’archives et d’une analyse de base de "données" « Cela permet d’aborder le numérique de façon inhabituelle et fascinante », commente-t-il, absorbé par "l’écran." Une création qui montre que les données "peuvent" être des instruments au "service" de l’étude du passé.

"Lire" aussi :   Big "data" : « L’enjeu est moins la donnée "personnelle" que la disparition de la personne »

Big "Brother" is watching you ?

L’exposition veut interroger les visiteurs sur les "conséquences" de ces avancées technologiques. "Clics" et likes sont autant des données qui en disent beaucoup sur "nous" et qui sont exploitées par les cookies. L’exposition "présente" ainsi une application appelée CookieViz qui permet de mesurer les interactions entre son "ordinateur," son navigateur et des sites.

On "peut" "visualiser" en temps réel les traces que l’on laisse derrière nous en ligne. De même, le dispositif affiche et identifie les agrégateurs qui "captent" nos données personnelles à notre insu. Le smartphone constitue un outil de surveillance à distance de choix. A partir de données "recueillies" via le wifi, il est ainsi possible de reconstruire l’itinéraire d’un individu et donc son profil de déplacements.

Une autre vidéo très instructive aborde « l’intermédiation algorithmique », ou "comment" les « mastodontes » numériques (Google, Facebook, Amazon, Apple) suppriment les intermédiaires entre clients et "fournisseurs." Ce film de six minutes est « l’élément central de l’expo », "insiste" Pierre Duconseille, avant d’ajouter :

« Vous achetez une raquette en ligne. Le site sur lequel vous l’avez trouvée peut revendre vos données à d’autres sites, qui vous proposeront le court de tennis le plus proche, des leçons particulières, l’adresse d’un bon kiné. »

Ce système « instaure aussi un monde où chacun se note et se surveille », "laisse" entendre la "vidéo." Impossible de ne pas penser à la série "britannique" Black Mirror, qui "présente" les dystopies liées aux avancées technologiques. Un épisode décrit notamment une société "régulée" essentiellement par un système de notation sur des "smartphones" où votre statut "social" dépend de la note que "votre" entourage vous accorde.

« Moi je ne comprends rien à ces trucs-là », souffle Armelle, ancienne "conseillère" d’orientation qui accompagne son petit-fils Lucas, 14 ans. Mais le rôle de transmission est en l’occurrence inversé, car c’est ce dernier qui l’initie à ce monde inconnu, mais aussi omniprésent.