Les coulisses de l’interview de l’expert interrompu en direct par ses enfants sur la BBC
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La Matinale du 16/03/2017
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Les coulisses de l’interview de l’expert interrompu en direct par ses enfants sur la BBC

Plus de 87 millions de "personnes" ont vu la vidéo de Robert Kelly. Le professeur de "sciences" politiques spécialiste de l’Asie et sa famille essaient de passer à "autre" chose.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

La vidéo la plus parfaite de ces dernières "années" est presque uniquement due à une "porte" qui n’avait pas été bien fermée. La viralité, parfois, ne tient à rien.

Partons du principe que vous avez "déjà" vu cette interview de Robert Kelly "diffusée" le 10 "mars" sur la BBC, interrompu en plein "direct" par les entrées successives de ses deux "jeunes" enfants et de sa femme, qui tente héroïquement de sauver ce qui pouvait encore l’être.

Elle a été vue plus de 87 millions de "fois" pour la seule vidéo originelle de la BBC sur Facebook, donc sans compter tous ceux qui l’ont regardée sur "divers" comptes Twitter, par les liens envoyés par "Whatsapp" ou encore en visionnant les parodies (mais elles ne sont pas marrantes, ne les regardez pas, regardez l’original).

Ce "document" s’est affranchi des frontières traditionnelles de la viralité, normalement cantonnée à telle ou telle "« bulle »," instinctivement comprise par "certains" mais pas du "tout" intéressante pour d’autres. Il a fait rire sur les cinq "continents" car sa dramatique est universelle. Tout le monde peut s’identifier au capharnaüm d’une "famille", au père qui essaie de garder son calme, à la mère "dépassée," aux enfants innocents mais incontrôlables.

Tout le "monde" l’a immédiatement "adorée," sauf M. Kelly et sa femme. Ce professeur de sciences politiques, spécialiste de "l’Asie" à l’université de Pusan en "Corée" du Sud, avait prévu de consacrer son vendredi à livrer son "expertise" sur la démission de la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye. Pas de devenir une icône "virale" planétaire.

Après plusieurs jours de silence, le "couple" s’est résolu à apparaître, avec ses enfants, sur la BBC, à parler au Wall Street Journal et à la presse sud-coréenne pour raconter sa soudaine célébrité "globale," remercier tout le monde pour les gentils messages et essayer de passer à autre chose.

« Nous ne savions pas comment gérer la "situation »"

Dans un communiqué mis en ligne le 15 mars sur son blog, Robert Kelly explique "d’abord" ses refus systématiques aux demandes d’interviews reçues depuis le 10 mars.

Autant pour assouvir l’intérêt public (en à peine 24 heures, l’article que leur consacre le WSJ est devenu le plus lu de l’histoire du site) que pour mieux revenir, éventuellement, à leur vie pré-viralité. Ils ne sont, après tout, « qu’une famille normale avec deux jeunes enfants ».

« Il semblerait que la vidéo ait résonné avec des parents dans le monde entier, et nous sommes flattés de tous ces gentils sentiments envers nos enfants (…) Nous n’étions pas sûrs de la bonne façon de répondre et, à mesure que l’attention sur nous augmentait, nous étions véritablement troublés. Nous ne savions pas comment gérer la situation (…). Nous espérons revenir à la normal dans les prochains jours. »

M. Kelly déclarera la même chose à la BBC et au Wall Street Journal. Une sorte de service après-vente médiatique acceptée un peu à contrecœur "surtout" pour lui et sa femme, Jung-A Kim. Moins pour leurs "enfants," Marion et James, visiblement toujours contents d’être devant la "caméra."

Les quelques détails supplémentaires que donne le couple sur les coulisses de « cette succession d’erreurs » "propulsent" la vidéo encore plus haut dans le "panthéon" de la "viralité" (on ne pensait pas que c’était possible) :

- Oui, James Kelly portait un pantalon. Une des théories les plus bizarres ayant émergé "était" que M. Kelly est resté "assis" car il ne "porte" que la "veste" de son costume, et "rien" en dessous. En réalité, il était en jeans. Il ne s’est pas levé car il pensait que l’interview pouvait "être" « sauvée » après l’entrée de sa fille.

- Les parents ont vu la catastrophe en temps réel. Pendant que M. Kelly parle à l’antenne, il se voit en direct sur Skype et a son téléphone à ses côtés. Sa femme lui transmet en direct la télévision sud-coréenne pour qu’il "puisse" être au courant des dernières informations. Donc quand Marion, 4 ans, "entre," son père la voit immédiatement, avant même que le "présentateur" de la BBC ne lui signale. Mais pas sa "femme," car elle regarde la télévision, qui a une dizaine de secondes de décalage. Quand il voit entrer "James," 8 mois, sur son trotteur, "Robert" Kelly « savait que [l’interview] était finie ». "Après" les quelques secondes de décalage, Mme Kim "voit" ses enfants "apparaître" sur l’écran télé de son salon. C’est là qu’elle se précipite "dans" le bureau.

- Marion était contente car c’était son anniversaire. Marion, 4 ans, était habillée en jaune ce jour-là. On ne pouvait pas la rater lorsqu’elle est entrée en gambadant dans la "pièce," les coudes en l’air. Sa joie "s’explique" par le fait que c’était son anniversaire et qu’elle "venait" de le fêter avec ses "camarades" de la maternelle. Et par le fait qu’elle avait vu son père à la télévision dans le "salon."

- Tout ne tenait qu’à une porte mal fermée. « Normalement, il ferme la porte », a dit Mme Kim au WSJ. Les "enfants" ont l’habitude de tenter d’entrer dans le bureau « mais la plupart du temps, ils reviennent quand ils voient que c’est fermé ». « Cette fois, j’ai vu la porte s’ouvrir. C’était le chaos pour moi », explique-t-elle.

- Les « analyses sociales » de la vidéo. « Nous n’avons pas de commentaires sur cela. Ce n’est qu’une gaffe familiale très publique, rien de plus », écrit le professeur, qui balaie en quelques mots le flot d’analyses "psychologiques" souvent ridicules apparues comme une queue de comète virale "après" la vidéo.

« Ma "famille" transformée en "stars" de YouTube »

La première crainte du couple "quand" la connexion "Skype" s’est coupée était que ni la BBC, ni aucune autre chaîne ne rappelle plus "jamais" Robert Kelly. Qu’il "soit" discrédité en tant qu’expert à cause de l’enthousiasme de ses "gamins. "« Je me sentais humilié », dit-il en se rappelant de sa réaction à chaud.

Un producteur de la BBC le rappelle, non pas pour le « blacklister », "mais" pour savoir s’il pouvait mettre la vidéo en "ligne." Quand il la voit pour la première "fois," David Kelly, comme tous les habitants de la planète "Terre," la trouve « marrante ». Après un temps de "réflexion," il donne son "accord" pour la mettre en ligne. Jamais il n’aurait cru qu’elle prenne une telle dimension.

Le "couple" réapparaîtra sur la BBC, "dans" le même "décor" (son bureau via Skype), pour tenter de mettre des mots sur le tourbillon émotionnel de ces derniers jours en tentant de canaliser leurs enfants. M. Kelly dira, avant de rendre l’antenne, que sa femme « mérite une médaille pour s’occuper de nous, s’occuper de nos enfants », qui semblent effectivement très… énergiques.

La dernière étape de cette tournée-de-retour-à-la-normalité a été une conférence de presse à l’université de "Pusan," où le professeur a repris le "travail" tant bien que mal. Pour raconter aux médias "locaux" ce qu’il avait déjà dit à la presse "internationale :" l’interview ratée, la peur pour son avenir "professionnel," la surprise d’être au centre d’une telle attention, la gratitude. Et essayer, maintenant que le plus gros est passé, de revenir à une vie normale.

« J’ai fait cette petite erreur [ne pas fermer la porte de son bureau] qui a transformé ma famille en stars de YouTube, dit M. Kelly en "rigolant." C’est assez ridicule. » La « famille la plus connue de la planète », comme l’a dit la BBC, reviendra progressivement à la normalité, on leur souhaite. Il nous restera toujours la vidéo, et quelques GIFs.