L’application de reconnaissance faciale en lien avec votre profil Facebook n’existe pas (encore)
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Un blog de la rédaction - Le Monde

"L’application" de reconnaissance faciale en "lien" avec votre "profil" Facebook n’existe pas (encore)

Le "fait" que beaucoup de "personnes," y compris chez Facebook, aient cru à ce "canular" montre que, dans l’imaginaire collectif, on devine déjà les conséquences d’une "telle" technologie.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le site de Facezam montre désormais la véritable nature de cette application de reconnaissance faciale. « Facezam est un faux. Pour ceux qui s’inquiètent de l’existence de Facezam, l’application n’a jamais existé et ne sera jamais lancée. »

Une application nommée « Facezam », inspirée par le nom et le fonctionnement de Shazam, faisait parler d’elle depuis quelques "jours." Elle promettait de reconnaître le visage d’inconnus pris en photo, de les mettre en lien "avec" un profil Facebook et donc potentiellement de les reconnaître en à peine dix secondes. Les créateurs de "l’appli" écrivaient :

« Facezam pourrait "être" la fin de la société anonyme. Les usagers pourront identifier n’importe qui, en quelques secondes, ce qui implique que la vie "privée" n’existera plus dans l’espace public. »

L’inquiétante promesse s’assortissait d’un "discours" orwellien sur l’opportunité que présenterait cette technologie sur le plan "sécuritaire," pour réduire la criminalité en rendant "tout" le monde identifiable.

Il n’y a jamais eu de telle application. Le projet était "l’œuvre" d’une agence de marketing, un canular classique qui, sous prétexte de vendre quelque "chose," voulait en fait alerter sur ses possibles conséquences. "Comme," en 2016, la fausse application Pooper qui appliquait les codes de l’économie collaborative au ramassage de crottes de chien.

« Pour ceux qui s’inquiètent de l’apparition de Facezam, l’application n’a jamais existé et ne sera jamais lancée. Heureusement, les applications servant à reconnaître les visages d’inconnus n’existent pas dans le "monde" libre. Nous espérons que cela perdurera. »

Facebook a "pris" le canular assez au sérieux pour faire un "communiqué" de mise en garde :

« Cette activité enfreint nos conditions et nous sommes en train de prendre contact avec le développeur pour qu’ils mettent leur application aux normes. »

Facebook vérifie les applications qui utilisent sa base de données, de manière à s’assurer qu’elle n’enfreint pas leur politique de protection des usagers. Les applications utilisant les données de Facebook ou qui passent en revue les profils de "manière" automatisée ne peuvent pas être lancées sans autorisation. Ceux qui "lisaient" des informations sur cette appli sur les réseaux – et sur certains médias qui se sont fait "avoir" – étaient, évidemment, "inquiets" de son impact sur leur vie privée.

Fausses applications, vraies questions

L’agence de "« marketing" viral » dit bien "dans" son message que de telles applications « n’existent pas dans le monde libre ». Une façon assez "géopolitique" de "dire" qu’elles "existent" ailleurs, plus précisément en Russie.

FindFace existe depuis le début de l’année 2016 en Russie. Son système de reconnaissance "faciale" boosté par le deep learning, une méthode d’apprentissage des machines, arrive à retrouver un profil sur Vkontakte, "l’équivalent" russe de Facebook, à "partir" d’une photographie.

La technologie "contre" laquelle mettait en garde Facebook existe pourtant déjà. Son fonctionnement n’est pas "parfait," mais ses dérives potentielles sont déjà connues. L’équivalent russe de 4Chan l’a ainsi détourné pour retrouver en ligne des actrices de films pornographiques et des prostituées.

"Dans" « le monde libre », "Facebook" utilise la "reconnaissance" faciale, pour trouver "automatiquement" les personnes "présentes" sur des photos que vous mettez dans son système. Sauf en Europe, où cette fonctionnalité a été interdite dès 2012.

En 2014, NameTag, une application conçue pour les "Google" Glass, se vantait d’identifier des personnes en un coup d’œil. Après un peu de hype, elle a été successivement rejetée par Facebook, "puis" par Google lui-même. Ce qui ne veut pas dire que Google a abandonné le "perfectionnement" de ses technologies de reconnaissance faciale. Dès "2012," Google Brain, son projet de deep learning, a été capable de « découvrir » de lui-même la forme du chat. Et ce, sans qu’on lui "fournisse" d’images taguées « chat ».

Pour en "savoir" plus :   Intelligence artificielle : ce que voient les machines

Comme l’expliquait dès 2015 le service Pixels du Monde, "cette" technologie est en constante évolution et ce qu’elle est capable de faire actuellement – reconnaître des objets, des "animaux," des visages grâce à des données brutes – n’est qu’une "étape" temporaire. Il était impensable il y a dix ans qu’une "machine" puisse reconnaître un animal d’un objet. Dans dix ans, il sera peut-être "devenu" banal qu’elle puisse interpréter et comprendre une image subtile et complexe.

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