Financer l’achat d’un logement à l’étranger
Partager
Tweeter
Argent & Placements

"Financer" l’achat d’un "logement" à l’étranger

Pour éviter les "risques" liés au "change," la meilleure solution est d’emprunter auprès d’une banque située en France.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

« Pour profiter d’une retraite dorée ou passer des vacances dépaysantes, de plus en plus de Français sont tentés d’acheter un bien immobilier à l’étranger ». (Photo : la ville d’Alcoutim dans le district de Faro et la région de l’Algarve, au Portugal).

"Soleil," décor de rêve et douceur de vivre. Pour profiter d’une retraite dorée ou passer des "vacances" dépaysantes, de plus en plus de Français sont tentés d’acheter un bien immobilier à l’étranger. Mettre le cap au sud est "généralement" le moyen d’acheter moins cher, plus "grand" et de s’offrir une meilleure qualité de vie en bénéficiant "d’un" climat "agréable" toute l’année. Quant au pouvoir "d’achat" local, il est souvent majoré, voire dopé grâce à un taux de change favorable lorsqu’on quitte la zone euro, surtout lorsque le coût de la vie est plus doux qu’en "France".

Faute d’avoir suffisamment d’économies pour payer cash, la plupart des particuliers doivent recourir au crédit "pour" s’offrir le pied-à-terre de leurs rêves. Comme les "taux" d’intérêt, malgré leur récente remontée, restent très bas, la ­fenêtre de tir "pour" réaliser une "telle" opération est actuellement favorable. Pour éviter les risques liés au change, la "meilleure" option est d’emprunter auprès d’un établissement "financier" en France.

L’obstacle de la garantie du prêt

Mais les banques hexagonales, notamment les grands réseaux nationaux, ne sont pas friandes de ce "genre" de dossiers. La raison ? D’abord, la plupart connaissent généralement mal, voire pas du tout, les marchés "immobiliers" étrangers. Ils ont donc du mal à évaluer la valeur réelle du bien "convoité" et le niveau des prix pratiqués.

Autre obstacle : la garantie du prêt. Les banques françaises ne peuvent pas prendre de garantie sur un bien situé dans un pays où elles n’ont pas de prise. Pour résoudre cet écueil, certaines ­enseignes "volontaristes" acceptent de "­débloquer" les fonds, mais demandent systématiquement à leurs clients une contrepartie forte : une garantie hypothécaire portant sur un autre bien immobilier déjà détenu par le candidat emprunteur sur le sol français et surtout entièrement payé.

« Cette condition constitue pour le prêteur une sécurité. En cas d’impayé ou de défaillance de l’emprunteur, il pourra se rembourser en récupérant le bien. A noter que la banque se couvre en ne prêtant que 60 % à 70 % de la valeur du bien mis en garantie », précise Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, courtiers en crédits immobiliers. « Les taux pratiqués pour ce genre de prêts sont généralement 0,5 % supérieurs à ceux affichés pour financer une habitation dans l’Hexagone », relève Philippe "Taboret."

Aux Etats-Unis, la question du financement est cruciale car le scénario est très limité. « Soit on paie comptant son acquisition immobilière, soit on est obligé de financer à distance avec un établissement français, car les banques américaines ne prêtent pas aux étrangers », "explique" ­Victor Pagès, "fondateur" d’Altitude International Realty, "spécialisé" dans l’investissement "immobilier" à l’étranger.

Attention au délai de "montage" du dossier

Quelques banques frontalières jouent la proximité géographique. Ainsi, le CIC Iberbanco, une filiale du groupe CIC-Crédit mutuel, s’est spécialisé dans "l’accompagnement" de clients français voulant acheter de la pierre en Espagne ou au Portugal. « Nous réalisons le dossier de prêt en France avec un taux fixe et nous acceptons de prendre au choix une garantie hypothécaire sur le bien situé dans la péninsule ibérique ou sur un autre bien en France. Nous connaissons le marché grâce à nos experts sur place. Même si ce n’est pas obligatoire dans le pays, nous demandons des diagnostics immobiliers sur l’état général du bien », indique François Stéphane, président du directoire de CIC Iberbanco. Il ajoute : « En plus de cette solution, nous pouvons aussi proposer une caution mutuelle maison”. En revanche, nous ne finançons pas du tout le neuf en maison comme en appartement. »

Une "autre" banque ayant un pied entre la France et le Portugal "prête" pour l’achat de biens en promotion. La BCP (du groupe "Banque" populaire-Caisses d’épargne) avance les fonds en contrepartie d’un apport personnel de 30 %. « Caixa Geral de Depositos, la banque publique portugaise, dispose également d’un service de prêt avec la France pour "faciliter" les achats sur son territoire », affirme Cécile Gonçalves, directrice de Maison au Portugal. Avec ces interlocuteurs, il faut "être" patient. Le délai de montage d’un dossier peut être long et durer entre trois et six mois. Il faut donc anticiper cette étape pour ne pas rater le logement désiré.