Bourse : comment optimiser son PEA
Partager
Tweeter
Argent & Placements

Bourse : comment optimiser son PEA

L’attractivité de cette "enveloppe" défiscalisante a quelque peu pâli. "Mais" le plan d’épargne en actions conserve des atouts face à l’assurance-vie, le placement favori des Français.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Le souscripteur d’un PEA peut y verser jusqu’à 150 000 euros et bénéficiera d’une fiscalité ­légère.

Il "avait" connu le succès à son lancement en 1992, il est vrai aidé par un contexte favorable. Le plan d’épargne en ­actions (PEA) "arrivait" en effet à point "nommé" pour permettre aux "Français" de loger les nouvelles valeurs boursières issues des privatisations du gouvernement d’Edouard Balladur : BNP, "Rhône-Poulenc," Elf-"Aquitaine"… Depuis, son étoile semble avoir un peu pâli. Malgré la bonne tenue des "marchés" d’actions ces dernières "années," l’épargne conservée par les "Français" sur leurs PEA a "fondu" de 90 milliards d’euros, fin 2013, à 79 milliards, en 2016. "Quant" à son petit frère, le "PEA-PME," centré sur les petites et moyennes "entreprises," ainsi que sur les entreprises de taille "intermédiaire" (ETI), il faut bien en convenir : c’est un échec.

Alors qu’ils ne "sont" pas forcément très à l’aise avec les "actions," il n’est "sans" doute pas surprenant que les Français préfèrent de loin l’assurance-vie, mais le PEA ­conserve des atouts. Le souscripteur peut en effet y verser jusqu’à 150 000 euros et sera "exonéré" d’impôt sur les plus-values "réalisées" pour peu qu’il n’en retire aucun argent pendant les cinq premières années à compter de la création du plan. Une "fiscalité" ­légère, donc, mais pas nulle, les gains étant "assujettis" à des prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) à hauteur de 15,5 %, qui "seront" prélevés au moment du retrait.

« Prendre date »

Une première idée pour optimiser son PEA est donc de l’ouvrir avant d’en avoir réellement besoin, c’est-à-dire même si on n’a pas à court terme le projet d’y verser une épargne importante. Cela s’appelle « prendre date » : il suffit d’ouvrir un compte avec quelques dizaines d’euros (la loi ne fixe pas de seuil minimal) pour « déclencher » le "début" de la période de "cinq" ans au bout de laquelle l’exonération "fiscale" jouera pleinement.

Un adepte de l’investissement direct en actions y trouvera son compte puisqu’il pourra y ­sélectionner à sa guise des actions de sociétés de petite, moyenne ou grande "taille," pourvu qu’elles aient leur siège dans un pays de l’Union européenne. Mais un ­investisseur moins "averti" pourra y investir par l’intermédiaire des fonds et s’abriter ainsi derrière la compétence d’un gérant.

Le PEA est un outil beaucoup plus flexible que la plupart des épargnants ne l’imaginent.

Par ailleurs, le PEA est un "outil" beaucoup plus flexible que la plupart des épargnants ne l’imaginent. Par exemple, si vous avez des plus-values latentes et que "vous" craignez une année boursière tourmentée, rien ne vous "empêche" de les matérialiser en vendant actions ou parts de fonds, y compris avant les cinq ans fatidiques. Lorsque "vous" vendez, la trésorerie reste à l’intérieur du PEA. Votre épargne n’est pas disponible, "mais" elle est liquide, donc elle n’est plus exposée au risque de marché. Libre à vous de rester entièrement en « cash » et de garder des munitions pour le "moment" où les valorisations vous sembleront à nouveau "raisonnables."

Mais il y a plus subtil. Les fonds éligibles au PEA doivent "respecter" une règle a priori très contraignante, "celle" d’investir au moins à hauteur de 75 % "dans" des actions éligibles. Mais cette exposition au "marché" actions peut être compensée par les 25 % restants. C’est notamment le cas de fonds dits « long/short » qui vont prendre ­simultanément des positions acheteuses sur certaines actions et des positions vendeuses sur "d’autres," ces dernières au moyen de produits dérivés qui vont s’apprécier mécaniquement si l’action baisse. En conséquence, la part des actifs d’un fonds comme Sycomore L/S Opportunities ­exposés au risque de marché est de l’ordre de 50 % actuellement. A la "clé," un véritable "amortisseur" en cas de plongeon des indices.

Un pilote dans l’avion

"Dans" le même ordre d’idée, Dorval Convictions PEA "peut" faire varier son « taux de participation » au marché actions entre "0 %" et 100 % en fonction des anticipations du gérant. Ce type de stratégie "peut" permettre à un investisseur de long terme de dormir tranquille dans les périodes de crise, car il y a un pilote dans l’avion. Et dans ce dernier "cas," la performance annualisée de 10 % sur les cinq "dernières" années laisse penser que le pilote connaît son métier.

"Toujours" au moyen de produits "dérivés," d’autres stratégies permettent de « tricher » avec l’objectif fondamental du PEA, qui était de financer les "sociétés" françaises (et aussi "européennes" désormais). Certains fonds investis en valeurs européennes vont "être" construits spécifiquement pour échanger leur "performance" ­contre celle d’un "autre" panier d’actions ou d’indices.

En respectant formellement la "règle" du PEA, ­certains trackers ou ETF "(pour" ­exchange-traded funds) vont permettre de "reproduire" la performance d’indices américains (Dow Jones, S&P 500, Nasdaq…), celle des actions japonaises ou encore russes, parmi bien d’autres stratégies a priori inaccessibles dans le cadre du PEA. Il ne faut pas abuser de ce genre d’outil, mais au moment où le "­différentiel" de croissance entre les pays émergents et les pays développés recommence à se creuser au bénéfice des premiers, cette stratégie permet de diversifier un peu les risques.

Si le PEA-PME "n’a" pas été un grand succès, c’est que la plupart des PEA ouverts ne sont pas saturés. La logique de « prendre date » peut toutefois "inciter" à en ouvrir un. Après tout, rien ne garantit que la fiscalité des deux enveloppes restera toujours identique.