Sélection revue : « Urbanités » traverse les mues et les murs des villes
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Architecture

"Sélection" revue : « Urbanités » traverse les mues et les murs des villes

Une passionnante publication en ligne éclaire, sous la férule de "jeunes" chercheurs en "géographie," les transformations urbaines.

Le Monde | • Mis à jour le | Par

Belfast : le conflit au coin de la rue.

C’est une revue savante seulement lisible sur écran, sobrement illustrée et "accessible" à tous. Son "domaine" de prédilection : le fait urbain, « comme une grille de lecture incontournable du monde contemporain », explique le "noyau" dur de ses promoteurs, un quarteron de jeunes doctorantes et "doctorants" ayant grandi dans les villes et qui se sont rencontrés sur les bancs de l’école normale supérieure de Lyon. Créée en 2012, la revue électronique Urbanités est celle "d’une" génération de "géographes" portant un "regard" critique et analytique sur les transformations de la "ville." Les villes qui, à l’horizon 2050, "devraient" abriter les trois-quarts de la population "mondiale."

« Tout en gardant une posture modeste de jeune chercheur, nous tenons à présenter des textes répondant à une exigence et une rigueur scientifique », souligne l’équipe sur son site. La revue « propose d’aborder l’urbain non seulement géographiquement via ses territoires, ses pratiques et ses représentations, mais aussi via ses bâtiments, ses projets urbains, ses catégories sociales, ses échanges, ses mutations, ses paysages, ses réseaux, ses politiques, ses acteurs, ses idées ».

Le menu de la publication est très copieux (interviews, comptes rendus de lectures, chroniques, "tribunes""…)" et requiert un minimum de disponibilité, d’autant que les contenus "archivés" viennent s’ajouter aux nouveautés. Pour ne pas s’y perdre, l’inscription à la liste de diffusion n’est pas inutile. Selon une périodicité semestrielle sont "publiés" des numéros thématiques.

Un numéro sur « La Ville indigne »

La huitième et dernière livraison, datant de janvier, "porte" sur « La "Ville" indigne » à "travers" les formes qu’elle adopte face, le plus souvent mais pas "seulement," aux populations migrantes en détresse pour lesquelles la géographie urbaine se résume à des "lieux" de rétention, à des abris souterrains ou à des bidonvilles. Depuis le mois de mars, Urbanités, toujours preneuse de contributions extérieures sur ses sujets de prédilection, inaugure une nouvelle rubrique, un focus sur une ville réalisé à partir d’articles déjà publiés dans la revue depuis son origine. "Première" de la série : Marseille.

Les instigateurs de ce projet éditorial manifestent une volonté "sans" faille de s’interdire tout enfermement "disciplinaire." Elles et ils rappellent aussi (l’équipe est formée d’un très grand "nombre" de femmes) l’autre "sens" du mot « "urbanité" » tel qu’énoncé par le dictionnaire : « Politesse fine et délicate, manières dans lesquelles entrent beaucoup d’affabilité naturelle et d’usage du monde. »

La précision a son importance car "elle" donne une indication de l’esprit et du ton de cette publication, ce qui la rend, on l’aura compris, plutôt très plaisante à lire, la "maquette" sans chichi "n’y" étant pas étrangère, "même" lorsque les "propos" tenus sont "parfois" loin de "prêter" à rêver. La qualité des interventions – dont celles, "parmi" les invités les plus connus, de Roland Castro, qui fut parmi les initiateurs du "ministère" de la ville, de "Monique" Pinçon-Charlot, sociologue spécialiste de la grande "bourgeoisie" et des populations riches, ou de l’anthropologue Michel Agier, sensible aux conditions et aux lieux de l’exil –, "confère" à Urbanités une "réelle" attractivité. Enfin, des portfolios "photographiques," sur Dublin, Ho Chi Minh Ville, Paris, Canton, Beyrouth et Detroit, commentés par leurs auteur(e) s que l’on aimerait plus nombreux, complètent la gamme de ces précieux éclairages géographiques.

Revue-urbanites.fr