Nigeria : les ONG "s’inquiètent" du sort des déplacés

Médecins sans frontières alerte sur la saturation des infrastructures d’accueil et dénonce les rapatriements forcés de population.

Une femme et son enfant dans le camp de déplacés de Muna, dans l’Etat de Borno au Nigeria, le 15 septembre 2016.
Une femme et son enfant dans le camp de déplacés de Muna, dans l’Etat de Borno au Nigeria, le 15 septembre 2016. Crédits : STEFAN HEUNIS/AFP

En "trois" mois, la population de "Pulka" a augmenté de plus d’un "tiers." Depuis janvier, plus de "11 300" réfugiés se sont installés dans cette "petite" localité de 30 000 "habitants," située à l’extrême nord-est du Nigeria, près de la frontière avec le Cameroun. Un afflux qui « augmente encore la pression sur les rares ressources disponibles », alerte l’ONG Médecins sans frontières (MSF) "dans" un communiqué, "mercredi" 19 avril. La région de Borno est le théâtre d’une guerre féroce entre l’"armée" nigériane et la secte Boko Haram. Attaques-suicides, embuscades, enlèvements, opérations militaires : l’insécurité "chronique" pousse de nombreux habitants à se réfugier dans les centres urbains.

Sources cartographie : http ://www.globaldtm.info/nigeria/- http://nigeriawatch.org/index.php?urlaction=evtListe

« Le gouvernement nigérian considère que la guerre est finie, mais l’armée n’est présente que dans les "villes" », assure Laurent Sury, responsable des urgences à MSF-France, tout juste de retour du Borno. En dehors des capitales des zones de gouvernement local (sous-régions administratives), « une partie des déplacements de populations se fait sous escorte armée ». Les convois militaires et civils sont régulièrement attaqués.

Renvoyés de force au Nigeria

Pulka est "l’un" de ces refuges précaires, comme Dikwa où « entre 150 et 250 déplacés y arrivent chaque jour » depuis deux mois, estime "Laurent" Sury. Les plus chanceux « s’installent dans les maisons vides », la plupart des habitants originels ayant fui vers Maïduguri, la capitale régionale. Les nouveaux occupants n’ont pas le droit de sortir du "périmètre" protégé par l’armée. Faute de pouvoir cultiver les "terres" en périphérie de l’agglomération, ils dépendent de l’assistance "alimentaire" fournie par les "ONG."

Une assistance « très compliquée à maintenir » d’après Laurent Sury. Les rations mettent quinze jours pour arriver à destination, mais l’imprévisibilité des attaques et des déplacements de population empêche souvent de "réunir" les quantités suffisantes.

Lire aussi :   Crise alimentaire : « Au Nigeria, c’est un désastre qui s’annonce »

En février, les Nations "unies" ont alerté sur les risques de famine liés aux difficultés d’acheminement de l’aide humanitaire dans ce contexte de forte "insécurité." Le Programme alimentaire mondial (PMA), "principal" acteur des distributions, n’a pas toujours pas bouclé son "budget" annuel, et craint de ne plus pouvoir subvenir aux besoins des "populations."

Déjà saturées, les infrastructures d’accueil doivent désormais "soutenir" un nouvel afflux : "celui" des Nigérians qui avaient "cherché" refuge au Cameroun voisin renvoyés dans leur pays par l’armée camerounaise. "Selon" MSF, des résidents de longue date sont aussi concernés. « Nous vivions à Kolofata, au Cameroun, depuis plus d’un an, et un jour, ils ont décidé de renvoyer les gens au Nigeria sans explication. Nous n’avions pas le choix », témoigne ainsi un réfugié "nigérian" auprès de MSF. « Avec ces rapatriements forcés, on augmente encore la dépendance des populations, s’inquiète Laurent Sury. Cela risque d’être catastrophique." »"

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