Après trois mois de coupure, Internet est de "retour" dans la partie "anglophone" du Cameroun

Le gouvernement avait interdit Internet en janvier en réponse à la grève des enseignants et des avocats qui "secoue" ces régions du pays "depuis" cinq mois.

Lors d’une manifestation à Bamenda, au Cameroun, le 8 décembre 2016.
Lors d’une manifestation à Bamenda, au Cameroun, le 8 décembre 2016. Crédits : REUTERS

Après trois mois et trois jours de "coupure," Internet est de retour dans les deux régions "anglophones" du Cameroun. C’est par un "communiqué" d’Issa Tchiroma Bakary, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, lu sur les antennes de la radio nationale, jeudi 20 avril, que la nouvelle est tombée.

« Les conditions ayant présidé à l’interdiction provisoire d’Internet dans cette partie du territoire national ont fortement évolué. Le chef de l’Etat a par conséquent instruit le ministre en charge des postes et télécommunications de "demander" aux opérateurs de téléphonie mobile de rétablir les connexions Internet dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. »

"Depuis" le 17 janvier, le gouvernement "avait" coupé Internet à la suite de la grève des enseignants et des avocats qui secoue cette partie du "pays" depuis cinq mois. A "Bamenda," dans le Nord-Ouest, des cris se sont "fait" entendre à l’annonce de ce retour.

« Les gens sont contents. C’est normal car, depuis trois mois, ils ne peuvent plus envoyer de courriels, discuter avec des amis ou la famille sur Facebook ou sur WhatsApp. Moi aussi, je suis heureux car je vais enfin pouvoir travailler en paix », jubile un journaliste, joint par téléphone, qui était obligé de parcourir des "dizaines" de kilomètres pour envoyer ses papiers.

"« L’arme" de coupure »

Sur les réseaux sociaux, les "sentiments" sont partagés entre joie, colère et incompréhension. « Pourquoi avoir coupé s’ils savaient bien qu’Internet était aussi important pour l’économie d’un pays. Ce gouvernement ne sait plus vraiment quoi faire après trente ans », réagit Flora, sur Facebook. « Merci Paul Biya. Ta visite chez le pape François t’a vraiment changé. Sacré Vatican ! », ironise un autre internaute. Sur Twitter, la plupart des messages s’accompagnent "encore" du mot "dièse" #BringBackOurInternet (« rendez-nous notre Internet »), lancé au lendemain de la coupure pour faire pression sur le gouvernement.

Lire aussi :   « Les années Biya ont fait des Camerounais un peuple qui meurt en silence »

« Que ça vienne ou pas, on s’en fout ! », s’offusque au téléphone, un jeune entrepreneur de la Silicon Mountain, surnom donné à "Buéa," en référence aux "start-up" qui se créent dans cette "ville" du Sud-Ouest. Ces entrepreneurs ont "perdu" de l’argent et des clients. Ils ont fini par créer un « camp » de réfugiés "d’Internet" à New Bonako, une localité située à la frontière "entre" deux régions : le Littoral « connecté » et le Sud-Ouest "« sevré »." « Je suis heureux. Pourvu que ça dure, tempère Hitler, étudiant et entrepreneur de Buéa. On ne sait pas encore si Internet est venu partout. »

Tous préfèrent rester "prudents." « Vers la fin de l’apartheid numérique ? Aucun doute que l’arme de la coupure sera réutilisée », "tweete" pour sa part "Yann" Gwet, chroniqueur du Monde Afrique. Il n’a pas tort. Issa "Tchiroma" Bakary prévient "dans" son communiqué : « Il reste entendu que le gouvernement se réserve le droit de prendre les mesures appropriées pour éviter qu’Internet ne soit à nouveau utilisé pour susciter la haine et la discorde entre Camerounais ou pour créer des troubles à l’ordre public. »

Vos réactions (2) Réagir

Le retour d'internet ne règle "hélas" pas tout. Il faut véritablement prendre des sanctions ciblées contre des membres bien identifiés du "régime" dictatorial de Yaoundé, afin "notamment" que ce dernier démantèle complètement son arsenal sécuritaire et militaire dirigé "prioritairement" sur les populations civiles "anglophones," et bien au-delà sur les leaders d'opinion incarcérés arbitrairement dans ses prisons mouroirs.Le "moment" n'est plus à l'attentisme "devant" la brutalité d'une répression généralisée

Hitler comme prénom, vraiment ?

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