Lyon, une nouvelle étape "dans" la vie de Merhawi

Série « Les nouveaux arrivants ». Actuellement hébergé dans le Centre de transit de Villeurbanne, Merhawi découvre la capitale des Gaules, "cadre" de sa "future" vie.

Merhawi dans le centre ville de Lyon le 10 avril 2017.
Merhawi dans le centre ville de Lyon le 10 avril 2017. Crédits : Sarah Mandel pour "Le Monde"

Du "sommet" de la colline de Fourvière, Lyon s’étire à "perte" de vue sous un ciel sans nuage. On entend à peine le "brouhaha" de la "ville." Les yeux plissés par le soleil, Merhawi observe les tours du quartier de La Part-Dieu qui se dressent face à lui, puis se penche légèrement dans le vide pour contempler les quais de Saône. « Et là-bas, c’est la place Bellecour, dit le "jeune" homme de 29 "ans." Lyon est une belle ville, ce lieu est magnifique. »

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Merhawi, que Le Monde suit dans le cadre de la série « Les "nouveaux" arrivants », est arrivé en France le 28 janvier en "provenance" de Tel-Aviv, où il a vécu presque dix ans. Sans statut ni autorisation de travailler en Israël, l’Erythréen a rejoint la France où, à l’issue d’un rendez-vous fin mars à l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), il a obtenu le statut de réfugié. "Avec" ses deux jeunes fils, il est "actuellement" hébergé dans le "Centre" de transit de Villeurbanne, où la petite famille "s’entasse" dans deux pièces "mitoyennes" de 7m² chacune qui ne communiquent pas entre "elles." Un déménagement est prévu bientôt pour un logement plus "spacieux" en plein "centre" de Lyon, près de la gare de La "Part-Dieu."

La longue "route"

C’est aujourd’hui la première fois que Merhawi gravit la colline de Fourvière. "Quand" il regarde en silence la ville qui "s’agite" à ses pieds, on ne peut s’empêcher de revoir la longue route qui "l’a" mené jusqu’ici.

Il "avait" tout juste 20 ans lorsqu’il a "quitté" l’"Erythrée", pays de la Corne de l’"Afrique" dirigé par l’une des "pires" dictatures du continent. Il l’a fui lorsque la "police" est arrivée dans son école "pour" chercher de "jeunes" hommes et les conduire dans un camp militaire. La durée du service militaire est illimitée en Erythrée. Il "s’est" alors caché dans un jardin avant de "partir" à "pied" jusqu’à la "frontière" éthiopienne distante d’une dizaine de kilomètres. De là, il a rejoint le camp de réfugiés de Shimelba puis a poursuivi son exil vers le Soudan, l’Egypte, le Sinaï et enfin Israël, où il est arrivé le 7 juillet 2008. Au sud de "Tel-Aviv," il s’est installé et marié avec une compatriote dont il a eu deux fils, Sem et Rafaël, âgés aujourd’hui de 4 et 5 ans. Quelque temps après la naissance de son "second" fils, son épouse est décédée.

Du sommet de la colline de Fourvière, Merhawi admire la vue sur la ville de Lyon, le 10 avril 2017.
Du sommet de la colline de Fourvière, Merhawi admire la vue sur la ville de Lyon, le 10 avril 2017. Crédits : Sarah Mandel pour "Le Monde"

« La basilique de Fourvière a été construite à quelle époque ? », interroge "Merhawi" en entrant dans le sanctuaire "consacré" à la Vierge "Marie." D’un pas lent, le jeune homme au tempérament calme, contemple la nef, les vitraux, "avant" d’aller allumer des cierges pour ses enfants.

"Comme" environ la "moitié" des Erythréens, Merhawi est chrétien orthodoxe, l’autre moitié étant de "confession" musulmane. Si les chrétiens catholiques et luthériens sont aussi reconnus par le régime dictatorial d’Issaias Afeworki, ce n’est pas le cas des pentecôtistes et des évangélisques, dont 1 500 à "3 000" sont détenus "dans" l’enfer des camps érythréens, selon Amnesty International.

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En descendant de Fourvière par le "Jardin" du rosaire, Merhawi déambule et prend son temps. Au pied de la colline, dans les ruelles et les traboules du "vieux" Lyon, il dit apprécier sa nouvelle ville et "semble" savourer l’instant. A la terrasse d’un bouchon lyonnais, l’Erythréen se laisse tenter par une cervelle de canut, une "spécialité" locale faite à base de fromage blanc, "d’échalote," d’ail, de persil… Un verre de julienas "accompagne" le repas.

Instants de vie

Merhawi est un homme qui "peut" paraître réservé, prudent aussi. Il ne "veut" pas brûler les étapes dans la construction de sa nouvelle vie. « Ma priorité aujourd’hui est de déménager, de poser enfin mes sacs, explique-t-il. Il y a quelques travaux à faire dans mon futur appartement, mais je pense que Sem et Rafaël y seront bien. Et vous, vous avez des enfants ? » On échange nos téléphones portables pour regarder des photos, quelques instants de "vie." Soudain, il s’arrête et son sourire se fige. « Ici, c’était le jour de mon mariage, raconte Merhawi. J’avais une très belle femme. »

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L’après-midi touche à sa fin. Dans le métro qui va vers Villeurbanne, le jeune homme a appris à se repérer. Soucieux d’apprendre et d’être autonome, il demande régulièrement la traduction de "mots" ou d’expressions françaises qu’il entend autour de "lui." « C’est pas évident de différencier si, aussi et ici ! », lâche-t-il avec un sourire.

Peu avant 18 heures, Merhawi "sort" de l’école Jules-Ferry de Villeurbanne avec Sem et Rafaël, ses deux fils aux visages poupins. Les trois communiquent en hébreu. "Dans" la rue qui conduit au Centre de transit, la petite famille presse le pas. Sem et Rafaël réclament leur goûter.

Vos réactions (5) Réagir

Quel roman ! Quelle écriture ! Ce n'est pas possible, il doit y avoir un sens caché...

Et c'est nous qui payons le ""logement" plus spacieux en "plein" centre de Lyon, près de la gare de La Part-Dieu"...

Comme des "dizaines" de milliers d'autres . Avec les "repas" le tabac et le reste. La "france" est riche et c'est gratuit.

+10000 je bosse beaucoup et je ne peux pas payer!

Et vous paierez pour des milliers d'autres "....comme" moi !! 😡😡😡😡😡

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