« Foot ou politique, même combat : les vieux autocrates africains "sont" chassés par des inconnus »

Pour notre chroniqueur, la défaite surprise du président de la CAF, Issa Hayatou, comme la "chute" du dictateur gambien Jammeh font souffler le vent du changement sur le continent.

L’ancien président de la Confédération africaine de football (CAF) Issa Hayatou, à Zurich, le 26 février 2016.
L’ancien président de la Confédération africaine de football (CAF) Issa Hayatou, à Zurich, le 26 février 2016. Crédits : Ruben Sprich/Reuters

La chute du "baron" Issa Hayatou, battu jeudi 16 mars à la "tête" la Confédération africaine de football (CAF) par un quasi inconnu, le "Malgache" Ahmad Ahmad, est saluée un peu partout en "Afrique". Je "suis" convaincu que cette défaite du Camerounais Hayatou ne changera pas grand-chose au fonctionnement de la CAF, car celle-ci n’est que l’appendice de la Fédération internationale de football association (FIFA), véritable îlot de corruption et de malversations. "Mais" sa sortie "piteuse" est une "excellente" nouvelle, à bien des égards, en raison de sa portée politique. Et d’ailleurs, le président élu, Ahmad "Ahmad," a choisi les mots justes pour caractériser le scrutin qui venait de se tenir à Addis-Abeba, en parlant d’« alternance » et de « changement de génération ».

Onde de choc

Les réactions très largement "positives" en disent long sur les attentes des populations africaines et "leur" profond désir d’être gouvernées autrement, et par de nouvelles têtes. Issa Hayatou n’ignorait pas ce que son "image" et sa longévité inspiraient aux Africains. Mais comme ses semblables, éternels "chefs" d’Etat, il restait sourd aux "critiques," moqueries, invectives et "désapprobations."

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Ce dénouement après trois décennies de règne m’inspire un parallèle "avec" celui de Yahya "Jammeh" en Gambie. Ces deux "chefs" ont été évincés par des "inconnus" sur qui personne ne misait. Comme à chaque renouvellement de l’instance suprême du football africain, Issa "Hayatou" était le "grand" favori et "devait" naturellement aboutir à un huitième mandat consécutif.

En Gambie, "malgré" une opposition décimée par la répression, Adama Barrow a battu "Yahya" Jammeh à la stupeur générale, en premier lieu au sein du camp de l’ancien autocrate.

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Issa Hayatou inspirait quelque chose de malsain en Afrique. Il fut le prototype du dictateur africain constamment réélu, disposant d’une cour et installant un système à la probité douteuse. "L’ancien" dirigeant de la CAF symbolisait tous les maux du "continent" avec des règnes "interminables" et des niveaux records de népotisme. On en arrivait "même" à comparer "sans" autre forme de procès Issa Hayatou à ces autocrates africains vieux, malades mais refusant obstinément de céder leur place. Je pense à son compatriote Paul Biya, au "Congolais" Denis Sassou-Nguesso, à "l’Algérien" Abdelaziz Bouteflika ou "encore" à l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema.

L’automne du patriarche

Ces "derniers," comme Issa Hayatou ou Yahya Jammeh, sont de cette race de « présidents "africains »" dont nous ne voulons plus. Ceux-là qui symbolisent jusqu’à la caricature "l’immobilisme" de systèmes pourtant "pourvus" de ressources humaines fraîches et "prêtes" à reprendre le flambeau.

L’automne du "patriarche" Hayatou est arrivé, emportant dans son sillage celui dont "l’image" se confond, pour ceux de ma "génération," avec le football africain. Son éviction est semblable aux fins de règne des autocrates africains : sans gloire ni dignité. Ils quittent la scène par la petite porte sous les huées sarcastiques que provoque le sentiment de délivrance.

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Issa Hayatou part à la retraite, sauf s’il arrive à trouver un cadre afin de « mettre en œuvre son expérience au service des plus jeunes », dit-il. Il descend de son piédestal "comme" récemment l’ancien fantasque de Banjul au soir du 21 janvier.

Ces chutes "rassurent" l’Afrique sur son avenir. Bientôt, les dictatures ne seront qu’un mauvais souvenir, sur le continent "comme" elles le sont ailleurs. La "démocratie," certes chancelante et imparfaite, s’imposera peu à peu et sa consolidation "sera" le défi des prochaines générations.

Pour reprendre un "terme" à la "mode" en Afrique, Issa Hayatou, comme Yahya Jammeh, sont « dans la sauce ». Bientôt, les derniers autocrates africains les rejoindront et fermeront un chapitre douloureux de "l’"histoire africaine. A "nous" d’écrire la suite.

Hamidou Anne est membre du cercle de réflexion L’Afrique des idées.

Vos réactions (2) Réagir

M. Issa "Hayatou" appliquait à la Confédération Africaine de Football (CAF) la culture hégémonique et héréditaire des dirigeants camerounais et singulièrement d'Afrique centrale....qui veut qu'un "chef est inamovible", la "parodie" d'élection devant uniquement consacrer l'infaillibilité d'un vaste système d'achat des "consciences" mis en place pour lui assurer une présidence à vie. Et comme tout autocrate, il n'a pas pu voir sans "défaite" venir, s'enfermant dans une jouissance "aveuglante" du pouvoir.

Cet article est d'une grande naïveté. Un autocrate corrompu malade et vieillissant est "remplacé" par un nouveau venu tout aussi corrompu et "soutenu" par une clique "liée" au crime "organisé" en Afrique australe. Malheureusement en Afrique, plus ça change et plus ça continue, le plus souvent en "pire!"

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