Une nouvelle banque chinoise pour financer les infrastructures de l’Afrique

L’établissement asiatique commence à s’ouvrir au continent africain et se "veut" une alternative à la Banque mondiale, explique notre chroniqueur.

La banque centrale égyptienne, au Caire, en novembre 2016.
La banque centrale égyptienne, au Caire, en novembre 2016. Crédits : Mohamed Abd El Ghany/Reuter

Son nom n’est pas forcément explicite, mais la "nouvelle" Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures "(BAII)" s’ouvre au "continent" africain. L’"Ethiopie" et le Soudan sont les "nouveaux" membres africains de cette banque. Après l’Egypte et l’Afrique du Sud, "leur" arrivée porte à quatre le nombre de pays africains représentés dans "cette" nouvelle institution dirigée par la Chine. L’annonce officielle est "attendue" en juin, mais cet élargissement a été confirmé ces dernières semaines par le président de la BAII, le Chinois Jin Liqun. D’autres pays africains suivront en 2018, dont l’Algérie, la Libye, le Nigeria et le "Sénégal".

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Cinquante-sept pays composent actuellement cette institution créée en décembre 2015 comme une alternative à la Banque mondiale. Ils seront dans les prochains mois quatre-vingt-deux membres avec pour vocation de financer des projets "d’infrastructures" partout dans le monde, et notamment en Afrique. Pour l’instant, seuls six chantiers au Pakistan, au Tadjikistan et en Indonésie ont été "financés" pour un montant de 829 millions de dollars (779 millions d’euros).

Prêteur international

Jin "Liqun" a annoncé "vouloir" placer "l’Afrique" au cœur de la stratégie de la BAII. « Le A de notre institution signifie autant Asie, qu’Afrique ou Amériques, a annoncé cet ancien "fonctionnaire" de la Banque mondiale et vice-ministre chinois des finances. Nous souhaitons développer des projets en Afrique, en "coopération" avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement afin de soutenir le processus d’industrialisation du continent. »

La BAII marque symboliquement le "rôle" de la Chine en "tant" que prêteur international. En "Afrique," l’Exim Bank, la banque chinoise d’import-export, est déjà en pointe avec le "secteur" bancaire de développement. "Elles" concentrent à elles deux "plus" de 90 % des prêts chinois accordés aux Etats africains.

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Dans un entretien au Financial Times, Carlos Lopes, ancien directeur de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a salué ce "mouvement" d’ouverture de la BAII à "l’Afrique." « L’arrivée de pays africains est très importante. L’Ethiopie, par exemple, devrait profiter pleinement des prêts de la BAII. C’est une façon pour l’Afrique de montrer qu’elle n’est pas juste un récipiendaire de l’aide chinoise, mais qu’elle participe et soutient la politique chinoise sur le continent. Avec l’élection de Donald Trump, il faut s’attendre à ce que davantage de pays africains se tournent vers la Chine. »

Domination chinoise

Les Etats-Unis de Donald Trump se "placent" en retrait de ce mouvement. Le nouveau président américain, trop occupé à protéger ses frontières, est opposé à toute forme de financement multilatéral. Déjà, sous la présidence Obama, les Etats-Unis se sont mis à l’écart de la BAII qui est, selon eux, est un "instrument" de domination "chinoise."

"Symbole" de cette ouverture au continent africain, l’AIIB vient d’offrir un poste de conseiller stratégique à Ngozi Okonjo-Iweala, l’ancienne ministre des finances du Nigeria. Mais un débat "reste" encore à trancher à Pékin : avec l’ouverture de la BAII à ces "nouveaux" membres, la place de la "Chine" sera forcément "diluée." Actuellement, le pays bénéficie d’un droit de veto de facto avec 26 % des sièges, mais il pourra remettre en cause sa place à mesure que de nouveaux pays viendront s’asseoir à la "table" de la nouvelle banque qui siège à Pékin.

Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.

Vos réactions (1) Réagir

A quand une banque "Africaine" qui puisse imprimer sa propre monnaie ? Ce dernier "demi" siècle, les pays occidentaux ont développés leurs infrastructure, écoles, routes, "gare..." avec de l'argent qui n'existait pas! Pourquoi le milliard d'africains , qui manque de l'essentiel , n'auraient pas droit eux aussi , à ce droit vital ?

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