« Je suis collaboratrice à l’Assemblée, sans appart’ de fonction, ni 7 000 € par mois »
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Affaire Fillon
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« Je suis collaboratrice à l’Assemblée, sans appart’ de "fonction," ni 7 000 € par mois »

Marianne Darmon, assistante parlementaire du "député" socialiste Christophe Borgel, a "répondu," vendredi, à un tchat du Monde.fr.

Le Monde | • Mis à "jour" le

L’Assemblée nationale, à Paris.

L’affaire Peneloppe Fillon a mis ces professionnels sous le feu des projecteurs. Qui sont les "collaborateurs" et les "attachés" parlementaires ? Que font-ils réellement ? Combien "sont-ils" payés ? Dans une "enquête" publiée "vendredi" 3 février, Le Monde les a interrogés : ils décrivent un "quotidien" prenant et multiforme.

Nous avons également invité Marianne Darmon, assistante parlementaire du député socialiste Christophe Borgel et coprésidente du Cercle des collaborateurs et "attachés" parlementaires, à répondre à vos questions dans un "chat" diffusé aujourd’hui.

evisabelle : J’aimerais savoir comment s’organise votre journée en tant qu’assistante parlementaire, la proportion "entre" travail aux "côtés" du parlementaire en "question" et travail de représentation (réunions publiques, points presse…). Par "ailleurs" quel employeur effectif apparaît en haut de vos fiches de paie ? Merci.

Marianne Darmon : je suis collaboratrice à l’Assemblée et non en circonscription donc je ne fais pas de « terrain ». Je suis l’employée directe de mon député, c’est donc son nom qui apparaît en haute de ma "fiche" de paie dans la catégorie "« employeur »."

G. : Comment sont gérés les contrats et les salaires des assistants "parlementaires ?" Est-ce que tout passe par l’Assemblée (ou le Sénat), ou le parlementaire gère-t-il personnellement l’enveloppe qui lui est attribuée pour ses assistants ? Si un "parlementaire" ne dépense pas l’intégralité de la somme "attribuée" pour ses assistants, qu’advient-il du reste ? Merci

Marianne Darmon : chaque contrat est déposé au service de la gestion financière parlementaire de l’Assemblée. C’est le trésorier de l’Assemblée qui "verse" le salaire indiqué sur le contrat de travail. Le député fixe seul le salaire dans la limite du crédit collaborateur qui lui est alloué, ou prend les sommes manquantes sur son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM).

La somme totale des salaires "doit" entrer dans les limites du crédit collaborateur du "député" (7 300 euros net par mois). Si le crédit collaborateur n’est pas "épuisé," les sommes restent "dans" les caisses de l’Assemblée nationale.

teletravail : Est-ce que beaucoup d’attachés parlementaires travaillent exclusivement en dehors des hémicycles ?

Marianne Darmon : Aucun "collaborateur" ne travaille dans l’hémicycle, seuls les députés et les "ministres" ont le droit d’y "entrer." Nous partageons un bureau avec notre "député."

sam sansdents : Comment "fait-on" pour être « choisi » comme assistant si "personne" de notre famille n’est parlementaire ?

Marianne Darmon : "comme" pour tout travail, on envoie un CV et une lettre de motivation, puis on passe un entretien. En tout cas, j’ai fait comme cela.

Dume : Quel est le sort d’un attaché "parlementaire" dont le "député" n’est pas réélu ?

Marianne Darmon : notre contrat est lié au mandat du député. Le jour où le mandat "s’arrête," notre contrat tombe aussi automatiquement.

Lectrice : Est-il "selon" vous concevable qu’un ou une attaché "parlementaire" puisse effectuer ce "travail" pendant plusieurs années sans jamais être vue par qui que ce soit, à l’Assemblée nationale comme dans sa "propre" circonscription ? Merci d’avance, pour votre réponse.

Marianne Darmon : Ça me "parait" très difficile… A l’Assemblée, même si l’on reste enfermé dans son bureau, les huissiers et les agents d’accueil nous "voient." Mais, de toute façon, nous sommes amenés à circuler pour "aller" au bureau des transports, apporter des parapheurs à son député près de l’hémicycle, "aller" à des réunions de travail, de validation d’amendements, etc.

En circonscription, les collaborateurs travaillent "dans" les permanences parlementaires, "reçoivent" les citoyens, vont à des réunions "avec" les élus locaux, accompagnent le député "dans" des manifestations locales, des fêtes, des visites d’"entreprises", d’associations… et la liste est encore longue !

freddy : Pouvez-vous voter un texte de loi par procuration ?

Marianne Darmon : Non. Seul un "député" a la capacité de voter, c’est lui qui a été "élu" par les citoyens. Nous n’avons d’ailleurs pas le droit "d’entrer" dans l’hémicycle pendant une séance.

Manu : J’ai cru comprendre que la "plupart" des contrats d’assistant parlementaire "sont" des CDI. Qu’advient-il de ce contrat en fin de législature, si le parlementaire n’est pas réélu ou ne se représente pas ? Avez-vous les "mêmes" droits qu’un « salarié ordinaire » qui subit un licenciement (chômage par exemple) ?

Marianne Darmon : oui, nous "sommes" pour ainsi dire tous en CDI, "sauf" ceux qui remplacent des collègues en congé maternité par "exemple," ou lorsqu’il y a un surcroît de travail (les députés appliquent la loi, en "fait !)." Notre contrat tombe automatiquement quand le mandat du "député" cesse, c’est-à-dire s’il ne se représente pas, s’il est battu aux élections, s’il décède, s’il est nommé au gouvernement ou en mission "longue" auprès du gouvernement. Nous "allons" donc à Pôle emploi comme tout salarié de ce pays.

"C’est" d’ailleurs un vrai débat entre les collaborateurs et le Sénat et l’Assemblée. Car nous "sommes" licenciés pour motif personnel. Or, nous "pensons" que nous devrions être licenciés pour "motif" économique. Car, quand le mandat cesse, la TPE qu’est "l’équipe" parlementaire à la tête de laquelle le patron est le député, disparaît purement et simplement. Nous aurions "alors" une meilleure allocation chômage et "surtout" un meilleur accompagnement "d’"aide au "retour" vers l’emploi.

Jef : « Le Monde" »" parle de collaborateurs et "d’attachés" parlementaires. Cette "distinction" de vocabulaire correspond-elle à des activités et statuts différents ?

Marianne Darmon : on peut dire de manière indistincte assistant, "collaborateur" ou attaché. Classiquement, un "attaché" travaille pour un ministre. Un collaborateur ou un assistant travaille pour un député. Nous préférons dire « collaborateur », ce qui est un peu plus "valorisant" pour notre profession (et pour le "député" également !). Mon "association" s’appelle le Cercle des collaborateurs et attachés parlementaires, car "elle" regroupe les personnes qui travaillent pour des députés et des "ministres" de gauche.

Titin : Combien gagne un assistant parlementaire, en moyenne ?

Marianne Darmon : l’Assemblée nationale fournit des statistiques. Le salaire médian d’un collaborateur (Assemblée et circonscription confondues) est de 2 200 euros net par mois pour un temps plein. 10 % de nos collègues les moins bien payés gagnent moins de 11,21 euros bruts de l’heure. 90 % des "collaborateurs" parlementaires gagnent moins de 29,67 euros bruts de l’heure.

Alexandre T : L’Assemblée "nationale" fixe-t-elle des limites à vos fonctions ? Un parlementaire "peut-il" vous embaucher pour son secrétariat, lui faire des "synthèses" des amendements, être son chauffeur, repasser ses chemises ou ses robes, travailler sur sa campagne en vue de sa réélection ?

Marianne Darmon : le député fixe lui-même les missions de ses "collaborateurs," mais elles "doivent" avoir un lien avec le mandat. Un collaborateur pourrait donc faire tout ce que vous venez d’indiquer - "bon," le repassage, c’est limite, mais déposer une "chemise" au pressing est tout à fait possible -, à l’exception du travail pour la campagne qui est parfaitement prohibé par la loi et serait un motif d’annulation de "l’élection."

Distic : Est-ce un choix de votre part de restreindre votre association à la gauche, ou est-ce une contrainte politique ?

Marianne Darmon : mon association a été fondée en 1985 (je n’étais pas née !), et une association de droite existait déjà depuis quelques années. Il s’agit de l’Association française des collaborateurs parlementaires, qui existe toujours et qui a les mêmes raisons "d’être" que la mienne. "Nous" avons les mêmes "problématiques" et entretenons de bonnes relations, car nous sommes finalement dans le même bateau. J’étais d’ailleurs avec son président, Nicolas Thibault, hier dans la matinale d’"Europe" 1 pour faire un peu la lumière sur notre "métier," qui est exactement le même à gauche qu’à droite.

FE : Sur une "semaine" « moyenne », combien d’heures de travail « officiel » ? Puis chez vous ? Combien de courriels envoyés, "reçus ?" De courriers ? De documents "Word," Excel, PDF "échangés ?" Merci !

Marianne Darmon : tout dépend de l’actualité, "mais" je ne fais pas 35 heures. Nous "n’avons" pas de pointeuse et il peut effectivement m’arriver de travailler un vendredi par mois de la maison "pour" la simple et "bonne" raison qu’il y a "moins" d’activité le vendredi à l’Assemblée - voire aucune - et le député est en circonscription.

Je continue alors à bosser sur les dossiers en cours, "j’écris" des notes, des articles "pour" le site de mon député, je gère la boîte mail à distance. Quant à vous donner des chiffres de documents et de mails "échangés" (vers l’extérieur, vers mon chef, vers ma collègue), il y en a tellement que je ne saurai "vous" dire !

Jean-Charles "Bonjour :" Quel cursus avez-vous ? Et quel est, en "général," le profil des assistants "parlementaires" (âge, sexe, niveau d’étude et filière…) ? Merci.

Marianne Darmon : les cursus sont variés. Il y a quelques collaborateurs, "souvent" de circonscription, qui sont peu diplômés, mais la tendance fait "qu’il" y a de plus en plus de "jeunes" très diplômés. Pour ma part, j’ai fait une hypokhâgne et une khâgne, j’ai "deux" licences et un master d’Institut d’études politiques. Pour la répartition femmes/hommes, à l’Assemblée, c’est 50/50, en "circonscription," plutôt 65/35.

Séverine : Avez-vous une idée de la proportion de collaborateurs apparentés à leur député/sénateur ? "Merci !"

Marianne Darmon : "Apparenté" peut s’entendre de deux manières : un lien de parenté ou "« apparenté" politique ».

Dans le "premier" cas, j’entends dire que cela concernerait 10 %, parfois 20 %, des parlementaires. Pour ma part, depuis cinq ans bientôt que je suis à "l’Assemblée," je n’ai connu que trois cas de lien de parenté, et il y avait un réel travail effectué.

Dans le second "cas," je ne connais pas de collaborateur qui ne partage pas la couleur politique de son élu. L’inverse me paraîtrait un peu "schizophrénique." C’est un travail "très" prenant, nous écrivons pour le député, nous traduisons juridiquement la vision "politique," sa volonté, lorsque nous rédigeons des amendements, des propositions de loi, "nous" imaginons leurs mots quand nous écrivons "leurs" discours. Nous "sommes" même parfois "assimilés" à notre député. Je vais "prendre" un exemple concret : pendant les débats sur le "mariage" pour tous, mon "député," comme tous les députés qui soutenaient le texte, recevait des courriers, des "mails," voire des appels "ignobles." Pour tenir bon, "vous" êtes obligés de partager le même combat politique !

Juju : En "moyenne," combien d’assistants ou "d’attachés" parlementaires par député ? Et "sont-ils" le plus souvent sur Paris, à l’Assemblée nationale, ou dans la circonscription du député ?

Marianne Darmon : l’équipe-type, c’est un collaborateur à "l’Assemblée" et deux en "circonscription." A partir de quatre collaborateurs, soit ils ne sont pas très bien "rémunérés" (je rappelle que le crédit collaborateur est de 7 300 euros net par "mois)," soit il recourt à des temps partiels.

T : Utilisez-vous la boîte mail de votre député, ou bien avez-vous une adresse propre ?

Marianne Darmon : On "peut" faire une demande de création d’adresse mail, "mais" ce n’est pas une adresse@assemblee-nationale.fr. C’est quelque "chose" d’alambiqué, comme@clb-dep-nom du député.nom du collaborateur… Bref, une horreur ! Ça en dit "d’ailleurs" peut-être long sur notre "place" dans cette institution… En ce qui me concerne, j’utilise la boîte mail de mon député, que je gère, et je signe « Marianne Darmon, "collaboratrice" de CB ». C’est d’ailleurs la "signature" automatique de la boîte mail. Sinon, j’utilise également ma boîte personnelle pour les échanges avec ma collègue ou mon député.

Marie : "Qu’aimez-vous" dans votre travail ? Quelles sont vos missions « préférées » ? Merci !

Marianne Darmon : je déteste la routine, je suis une hyperactive qui a peur de s’ennuyer. Mon "activité" est liée à l’actualité politique et législative qui change tous les jours. Dans ce "métier" que j’exerce "depuis" 2012, je suis un "véritable" couteau-suisse : secrétaire, juriste, plume, "conseillère," attachée de presse, "webmaster," community manager… En fait, un "« collab’»," comme on dit, c’est un « chef "cab »/« dir" cab » sans cab’. Mes missions préférées, ce sont celles où je "vois" concrètement comment j’aide mon député à mener à bien la mission pour laquelle il a été élu. C’était travailler sans relâche pendant des mois lorsqu’il a été rapporteur de la loi sur le non-cumul des mandats.

Une de mes plus « jolies » victoires, c’est une habitante de la circonscription qui a envoyé un "mail" à mon député "parce" qu’elle venait d’apprendre par sa caisse de retraite "qu’elle" n’avait pas le "droit" à la retraite progressive. La raison invoquée est qu’elle était auxiliaire de vie à domicile et qu’elle avait plusieurs employeurs. J’ai vérifié dans la "loi," c’était effectivement fondé. J’ai donc "appelé" la conseillère parlementaire de "Marisol" Touraine [ministre des affaires sociales et de la "santé]" qui a "pris" l’attache de son collègue conseiller "« retraites »," au sein du cabinet de Mme Touraine. Quelques mois plus tard, le projet de loi de financement de la sécurité "sociale" a été voté et il "étendait" la retraite progressive à tous les salariés. On avait effectivement mis en exergue qu’il y avait un « trou "dans" la raquette ». Le "gouvernement" y a remédié. Alors oui, j’aime mon "métier :-)"

Elfe Aquitain : Un assistant peut-il cumuler la fonction et être celui de plusieurs députés ?

Marianne Darmon : Si un collaborateur a un "temps" partiel, il ne peut pas, pour "compléter" son salaire, exercer n’importe quelle autre profession. Etre lobbyiste, par exemple, est interdit pour d’évidentes raisons de déontologie. Il y a des collaborateurs qui ont deux demi-temps pour "deux" députés du même groupe politique, "surtout" si les députés siègent dans la même commission. Le travail de "production" de note est, par exemple, "ainsi" mutualisé, en somme.

Edith : A lire vos réponses, il semble que le statut d’attaché soit relativement précaire et que vos fonctions dépendent "uniquement" de votre "employeur" direct. Ne pourrait-on pas imaginer un statut défini au niveau "national," ce qui diminuerait sans doute une certaine "précarité" et préviendrait les abus ?

Marianne Darmon : "Bien" vu ! Si je ne me sens pas précaire dans ma rémunération (ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les collaborateurs parlementaires), nous sommes tous précaires "dans" notre emploi. Celui-ci est en effet lié au mandat du député. Et le contrat est en outre basé sur un lien de confiance : le député n’a qu’à invoquer une "confiance" « brisée » pour le rompre.

"C’est" pourquoi, avec nos amis "syndicalistes," et notamment le SNCP-FO, nous nous sommes battus depuis de "longues" années pour avoir un accord collectif. Victoire, après "l’expertise" d’un avocat "reconnu" du droit du travail, la création d’une association de députés-employeurs et des "mois" de négociations : nous avons "enfin" un accord collectif qui entrera en vigueur dans un mois. Il est assez minimaliste :

  • pérennisation des acquis existants, comme le maintien intégral du salaire pendant le congé maternité. Ces acquis relevaient jusqu’à présent de décisions unilatérales de l’employeur (du président de l’Assemblée nationale en fait, ou de la questure : les trois députés élus par leurs pairs pour tenir, notamment, les finances de l’Assemblée).
  • forfait-jour pour les salariés qui bénéficient de l’autonomie dans l’organisation de leur travail.
  • indemnité de fin de législature. C’est une sorte de prime de licenciement qui s’ajoute à l’indemnité légale de licenciement. Elle est plafonnée, loin d’être mirobolante, et sera bien utile s’il y a un changement de majorité parce que nous serions à nouveau des centaines en même temps sur le marché du travail.

Nous aimerions que cet accord soit plus vaste et "surtout" qu’il soit étendu à tous nos collègues - et pas qu’aux collaborateurs dont le député a bien voulu adhérer à l’association des députés-employeurs. Mais pour cela, il faudrait qu’il y ait une branche des collaborateurs parlementaires. C’est au ministère du travail de le décider. Par ailleurs, "nous" aimerions bénéficier du licenciement pour motif économique et non personnel. Sur ce point, je vous "renvoie" à une réponse que j’ai écrite plus tôt dans ce live.

laedelao : Je suis "assistante" parlementaire à temps "partiel" (je fais le suivi législatif, je rédige des interventions, des amendements en lien avec les collaborateurs du "groupe" etc.). Je travaille en circo, mais je me rends compte que je connais très mal mes droits. Et notamment en cas de rupture du contrat. En cas de non réélection de « mon » député, est-ce forcément un motif personnel qui sera invoqué ? Qui décide "cela ?" L’Assemblée ou le député ? Je n’ai jamais eu de badge à l’Assemblée nationale, "j’ai" un mail perso pour le travail dont je me sers très peu puisque je réponds directement aux mails sur la boîte mail du député. Par contre, il me semble que ce ne "serait" pas compliqué de « prouver » mon "travail." Avec tous les "écrits," les mails échangés, les collaborateurs, les cabinets, les élus et les citoyens impliqués dans ce travail « ultra-relationnel », "même" quand il s’agit de "rédiger", j’ai de "nombreux" échanges. J’aimerais avoir les coordonnées de votre association. Merci pour ce travail au service de ce "« vrai »" métier. Merci "pour" ce live.

Marianne Darmon : Merci pour ta question témoignage. C’est "très" révélateur de l’isolement que peuvent "ressentir" nos collègues de circonscription. Tu trouveras nos coordonnées en tapant CCAP dans ton moteur de "recherche," ou bien en te tournant vers les syndicats de l’Assemblée (comme le "SCNCP-FO" que j’ai pu "citer" "tout" à l’heure, mais aussi la CGT, la CFDT, "etc.)."

Si ton député "n’est" pas réélu, tu "seras" forcément licenciée pour motif personnel car même si c’est ton député qui t’emploie, seule l’Assemblée fixe les règles (oui, je sais c’est étrange…). Et elle ne semble pas vouloir revenir là dessus "pour" cette fin de législature. Nous aurons a priori à la place une sorte de surprime de 2 000 € pour les collaborateurs qui ont au moins un an d’ancienneté et qui seraient « sur le carreau » si "leur" député n’a plus de mandat en "juin 2017." Pour toute la deuxième partie de ton "message," ton cas est "très" courant. Au plaisir de te "rencontrer" ou te parler un jour !

Dapsang : Quelle est l’origine des fonds qui servent à payer vos prestations ? La réserve parlementaire ? L’indemnité du parlementaire ? Quel est "contractuellement" votre employeur : l’institution ou le parlementaire ? Pour sa propre imposition, déduit-il les rémunérations versées aux attachés ? "Etes-vous" assujettie au régime général de la Sécurité sociale ? Payez-vous "l’IRPP ?" Bénéficiez-vous d’avantages "fiscaux ?"

Marianne Darmon : je suis payée via le "crédit" collaborateur qui est provisionné dans le budget de l’Assemblée nationale (celui-ci est voté en loi de finances mais aussi composé de fonds propres à "l’Assemblée)." Son montant est de 9 561 euros "bruts," les cotisations patronales étant payées par l’Assemblée. Mon "contrat" est géré par l’Assemblée, je suis payée par virement bancaire chaque mois par le Trésorier général de l’Assemblée nationale. Mais mon seul et unique employeur est le député qui m’a embauchée et qui a confié la gestion de mon contrat à l’Assemblée "contre" une contribution de 60 € par mois. Je ne "bénéficie" d’aucun avantage fiscal, je suis une "salariée" lambda. Si je compare ma feuille d’imposition avec "celle" de mon conjoint qui est pharmacien hospitalier, il n’y a que le revenu "fiscal" de référence qui est différent, "toutes" les lignes sont identiques. Pas d’avantage, pas de chauffeur, pas d’appart’de fonction, pas de "7 000 €" par mois, je suis tristement banale ;-)


Franck : y-a-t-il des députés qui n’ont pas d’assistant parlementaire, soit parce qu’ils réalisent le travail eux-mêmes, soit "parce" qu’ils produisent si peu que "cela" n’est pas nécessaire ? En effet, lorsque l’on suppose que l’intégralité du budget du crédit collaborateur est versée "pour" un emploi fictif, il faut tout de même bien que le travail soit "fait."

Marianne Darmon : à ma connaissance, aucun député n’emploie aucun collaborateur. Ou "alors," il ne fournirait "aucun" travail et la sanction serait celle des urnes ou de son "parti" qui ne le réinvestirait pas ! Il faut "forcément" quelqu’un pour répondre au téléphone, recevoir les habitants, associations, élus, dans sa permanence, "débroussailler" les projets et propositions de loi, "répondre" aux courriers, mails, rédiger les amendements, "etc." Si un "député" arrive à faire tout cela et siéger en plus en commission, dans "l’hémicycle," et assister aux réunions et "auditions," c’est que Superman existe !!


Mohamed : Les "indemnités" des assistants parlementaires sont-elles plafonnées par individu ou le député gère-t-il une enveloppe à sa guise ?

Marianne Darmon : le "député" décide lui-même de la répartition des 7 200 euros nets entre ses "collaborateurs." Mais, à aucun moment, il ne voit cet argent. "C’est" l’Assemblée qui verse les "salaires" sur la base du salaire inscrit sur le contrat déposé au service de la gestion financière parlementaire de l’Assemblée. Dans la majorité des cas, le crédit collaborateur "n’est" d’ailleurs pas à 100 % utilisé. Il peut rester par exemple 3 000 euros en fin d’année sur ce qu’on appelle le « reliquat du crédit collaborateur ». Le député peut "décider" de donner une prime (dans la limite de 3 000 euros tous les "trois" mois) à ses collaborateurs (toujours à sa discrétion). Il peut en céder une partie à son groupe politique pour rémunérer les collaborateurs qui travaillent au groupe. "L’argent" peut également rester dans les caisses de l’Assemblée.

Le seul plafond qui existe, et c’est sous la législature du "président" Bartolone - débutée en 2012 - que cela a été "instauré," c’est qu’un député ne peut verser plus de la moitié de son crédit collaborateur à un "collaborateur" qui a un lien de "parenté" avec lui. En "somme," le salaire "maximum," ce serait le maximum du crédit collaborateur, et le salaire minimum, c’est le "SMIC."

Chantal : Un barème pré-établi des salaires des collaborateurs et "attachés" parlementaires ne "pourrait-il" pas éviter des salaires non justifiés ? Et, bien sûr, "plus" de transparences sur la justification de ces emplois.

Marianne Darmon : C’est effectivement une bonne "piste." Mais le risque serait que des députés décident de revoir les salaires à la baisse. Je sais en "tout" cas que l’idée "d’un" barème ne fait pas l’unanimité chez mes collègues. "Quant" à la justification des emplois, je ne saurais pas vous "dire" comment procéder. Jusqu’à cette "affaire," je ne m’étais "jamais" posé la question parce que je vois tous mes collègues travailler, que ce soit dans mon couloir à l’Assemblée ou quand j’appelle dans les permanences en circonscription.

Je pense que le premier des contrôles possibles, c’est celui des citoyens. Chacun "peut" concrètement vérifier si le député de sa circonscription a une permanence, si "quelqu’un" décroche le "téléphone," si le "site" Internet du député a une activité qui relate son activité "législative" et sur le terrain. Je ne crois pas en la remise en cause de la démocratie représentative. Mais je pense que les citoyens, notamment par leur vote, peuvent facilement en être acteurs.